Hérésie
Le rédacteur de la Coutume d'Anjou nous apprend que les suspects d'hérésie doivent être livrés par le pouvoir civil à l'Eglise qui les examine sur la foi, et si leur orthodoxie n'est pas établie, les livre à son tour au pouvoir civil qui en fait justice 2.
L'accord des deux pouvoirs au sujet des hérétiques a été, au xiii^ siècle, en France, beaucoup plus ferme et beaucoup plus sérieux que sur le chapitre des excommuniés. Mon excellent ami Paul Meyer a esquissé^ récemment, avec beaucoup de finesse, l'état d'esprit d'un orthodoxe du xiii^ siècle en face d'un hérétique : et M. Havet vient de tracer^, avec une précision et une netteté qui ne laissent, pour ainsi dire, rien à désirer, l'histoire de la peine de mort en matière d'hérésie. L'art, de la Coutume de Touraine-Anjou qui condamne l'hérétique à être brûlé, se trouve donc commenté par des travaux récents auxquels j'ai peu de chose à ajouter : je serais plus disposé que M. Havet à reconnaître ici quelque