Ibid., p
Pourquoi donc nous parler de Lorris et du roi Philippe, au lieu de Montargis et de 1494? En voici la raison. La rédaction des Coutumes de 1494 blessa vivement Famourpropre des Orléanais, parce qu'Orléans y fut considéré comme relevant du bailliage de Montargis : en 1493 et en 1494, le roi n'avait point de bailli à Orléans, car Orléans était alors l'apanage du duc Louis (depuis Louis XII) ; seul le lieutenant général du bailli y habitait^ : mais le roi Charles YI , en constituant l'apanage d'Orléans , s'était réservé la ville de Montargis ^ et les exempts de la juridiction du duc apanagiste relevaient du bailli de Montargis ^ Les lettres du roi ordonnant la rédaction des Coutumes furent adressées à cet officier royal ^ : les États se réunirent à Montargis : l'évêque d'Orléans, les doyen et chapitre d'Orléans s'y firent représenter, mais non la ville ^.
Ceci nous explique fort bien pourquoi la rédaction de 1494 est soigneusement passée sous silence en 1531, au moment où Orléans essaye d'empêcher la rédaction de la Coutume de Montargis.
Et pourtant les rédacteurs de la Coutume de 1494, malgré l'absence des Orléanais, avaient légiféré pour Orléans et même mentionné plusieurs fois expressément les usages particuliers de cette ville^. Et pourtant ce texte y avait acquis
1. « Par nous, Pierre Nivart, lieutenant-général, demeurant à « Orléans, et Estienne Guiart, lieutenant ordinaire dudit bailly. » (Procès-verbal de la Goût, de 1494 dans Thaumas de la Thaumassière, Coût, locales de Berry et celles de Lorris, 1680, p. 440.)