‹ Les établissements de Saint LouisChapitre 3 sur 404 · APERÇU GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

APERÇU GÉNÉRAL

Procédé que paraît avoir employé le rédacteur des

Etablissements.

Le* recueil juridique que nous connaissons sous le nom à' Établissements de saint Louis fut-il promulgué par ce prince ? Telle est la première difficulté dont le lecteur, je le prévois, me demande la solution.

Laurière, Beugnot, Laferrière et d'autres auteurs qui ont traité spécialement cette question Font résolue affirmativement ; mais la négative a été soutenue depuis longtemps par d'éminents esprits : qu'il me suffise de citer, parmi les contemporains, M. Laboulaye, M. Adolphe Tardif, M. L. de Valroger, M. Wallon.

L'édition nouvelle vient confirmer l'opinion de ces derniers savants. Il y a plus : c'est à peine si le problème se posera

1 . Ce premier livre de l'Introduction forme une seconde édition revue avec grand soin d'une plaquette publiée, en 1877, sous ce titre : Les sources des Établissements de saint Louis, Mémoire lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Paris, Champion. Quelques parties sont entièrement nouvelles.

désormais ; car le nom de saint Louis et la formule de promulgation ne figurent plus dans le texte et sont rejetés parmi les variantes. L'examen des manuscrits m'a imposé cette solution, et la question se présente désormais sous un aspect tel qu'il n'est plus permis de lui accorder la première place. Le texte des Etablissements précédé du fameux prologue de promulgation par saint Louis n'est autre chose, comme nous dirions en style moderne, qu'un tirage de la 3*" édition ; et il ne faut faire de ce prologue absolument aucun cas. C'est ce qui sera démontré, à la suite de cette introduction, dans la Notice des manuscrits.

Nous nous trouvons, dès lors, en présence d'une œuvre privée qui, dans sa forme primitive, n'avait pas de titre bien adapté : celui que fournissent les meilleurs manuscrits ne convient proprement qu'aux deux premiers, tout au plus aux neuf premiers chapitres.

Cet ouvrage fut composé avant le 19 juin 1273 (l'un des manuscrits qui nous l'a conservé porte cette date^), et très probablement après l'octave de la Toussaint de l'année 1272; car une décision de Philippe le Hardi 2, prise au Parlement de l'octave de la Toussaint 1272, y est, tel est du moins mon sentiment, visée à trois reprises^.

Qu'est-ce donc que ce livre énigmatique sur lequel ont été portés les jugements les plus contradictoires , ce livre que Montesquieu déclare un « code amphibie », où on a mêlé la jurisprudence française avec la loi romaine, rapproché des choses sans rapport entre elles et souvent contradictoires ^ que M. de Valroger appelle « une compi-

1. Le manuscrit de MontpeUier se termine ainsi : « Anno Domini m-cg-lxx" tercio, die Lune, ante festum beati Joannis Baptiste. »

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