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PROLOGUE DE PROMULGATION PAR SAINT LOUIS DANS

(P) QRS. --- ÉTUDE SUR L) 0 0' P QRS.

Un petit groupe de manuscrits se fait remarquer du premier coup parmi tous les représentants de la troisième édition. Je veux parler des trois mss. Q R S ({m contiennent le fameux prologue de promulgation par saint Louis et auxquels est due l'attribution du recueil à saint Louis.

Ce prologue est, pour ainsi dire, une plante étrangère, une excroissance parasite sur un tronc qui n'avait primitivement rien de semblable.

En effet, Q R S se rattachent évidemment à 0 qui n'a point de prologue. J'ajoute tout de suite que bien certainement si P n'offre pas de prologue, cela tient uniquement à une circonstance matérielle, une déchirure dans le manuscrit : l'étendue de cette déchirure suffirait seule à prouver que P devait contenir autrefois le prologue. Les comparaisons que je compte faire ici achèveront de le montrer. Je me propose, avant tout, d'établir l'étroite parenté qui relie P Q R S k 0 ; ces cinq manuscrits présentent, en effet, les fautes communes ci-après, fautes très caractéristiques.

1" Liv. P^ ch. 4 (ci-après, t. II, p. 10, n. 8) 1. finali dou tiers livre <i au lieu de » 1. finali « libro nono. »

2° Liv. P^, ch. 4 (ci-après, t. II, p. 11, n. 18) « contons » au lieu de « tolons ».

3« Liv. P^ ch. 119 (ci-après, t. II, p. 216, n. 25) « li enfant dou derreien seignor i avroient la tierce partie; et elles (0 ele) les II pars, » au lieu de : « li ainznez fiz dou darreien seignor i avroit les deus parz, et eles la tierce. » Cette variante est d'une grande

importance. Elle introduit un système de succession tout différent de celui du texte primitif.

4'»Liv. I", ch. 122 (ci-après, t. II, p. 223). « celui à cui Von doit^ » substitué à « deteur. » Cette correction émane d'un réviseur à qui le mot deteur au sens de créancier était déjà ou étrange ou inconnu. Elle nous prouve que ce sens assez fréquent dans les textes et qui ne manque jamais aujourd'hui de dérouter les lecteurs tend à disparaître à la fin du xiii^ s.

5« Liv. P% ch. 125 (ci-après, t. II, p. 232, n. 9) « à l'eve» (Q à Veuré) au lieu de « à III porz. »

6° Liv. II, ch. 9 (ci-après, t. II, p. 350, n. 5) « en la loi qui commence Unie a » au lieu de « ^. unica. »

T Liv. II, ch. 18 (ci-après, t. II, p. 395, n. 34) « de sesine hrisier » au lieu de « dou sisieme livre. »

Je viens de démontrer la très proche parenté de P QR S et de 0. Il me reste à établir que P tient de plus près encore k Q RS qu'à 0. (Je réunis par une série unique de numéros les observations qui vont suivre aux précédentes.)

8*^ Liv. P% ch. 136 (ci-après, t. II, p. 259, n. 29) « retorneroient » est devenu dans 0 : « recouvoient. » P Q RS ont bien : « ret orner oient . »

9° Liv. P% ch. 142 (ci-après, t. II, p. 273, n. 5) 0 porte « et Yid. » A la place de ces mots P Q R S (et beaucoup d'autres mss. ont : « et demi. »

10° Liv. II, ch. 4 (ci-après, t. II, p. 337, n. 13). Les mots « par tieoo » manquent dans 0 : ils sont représentés dans P Q R S (et la plupart des autres mss.) par ceux-ci : « par ces. »

11« Liv. II, ch. 14 (ci-après, t. II, p. 365, n. 49). Les mots « en la Digeste , De judiciis » sont devenus dans 0 (et CD T) « ou Code, De judiciis » ; dans P QR S : « ou Code, Des juges. »

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