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LES MANUSCUITS. /iGO

recueil n'est autre chose qu'une réunion d'éléments différents rapprochés et juxtaposés. Dès la première édition, on a voulu cette réunion, on a cru faire un tout, car dans le livre II on a renvoyé en ces termes à la coutume de Touraine-Anjou : « si come il est dit dessus^. » Au déhut de l'ouvrage on a trahi par un détail la même préoccupation en libellant cet Incipit : « Ci comancent li establissement le roi de France li kiex li prevos de Paris et cil dou roiaume tiegnent à lor plais etc. » Et cil dou roiaume : telle est l'extension que du premier coup l'auteur donne à l'ordonnance du roi relative au prévôt de Paris qui ouvre le recueil.

Dès la seconde édition, un nouveau pas est fait dans cette voie, et je viens de le signaler à l'instant. Dans la troisième, le même travail se continue : tout ce qui porte un cachet local tend à s'effacer.

Un ms. de la troisième édition 0 est plus avancé que les autres dans cette voie : le premier chapitre des Etablissements y a perdu les mots « de Paris et d'Orliens » ; il commence ainsi : « Li prevost si tenront ceste forme ^ » au lieu de : « Li prevoz de Paris (ou de Paris et d'Orliens) tendra. » C'est ce type qu'on choisit pour plaquer sur cette œuvre l'étiquette royale qui achèvera Tunification et la généralisation, je veux dire le fameux prologue de promulgation par saint Louis. Aux termes de ce prologue, l'ouvrage va nous faire connaître « les usages de tout le reaume et d'Ango. » « et d'Ango » .• ainsi l'auteur de ce morceau sait au fond à quoi s'en tenir et n'est pas étranger au recueil : il n'ignore pas que la coutume de Touraine-Anjou y joue un grand rôle : et ceci est d'autant plus remarquable que dans l'édition choisie la Coutume de Touraine-Anjou n'est citée nulle part.

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