‹ Les établissements de Saint LouisChapitre 365 sur 404 · Établ., liv. II, ch. 23 (ci-après, t. II, p. 414, n · texte numérisé non relu

Établ., liv. II, ch. 23 (ci-après, t. II, p. 414, n

LES MANUSCIUTS. 471

valions cette notion d'édition en matière de manuscrits : J'ai réservé le mot édition aux révisions générales du texte qui m'ont paru avoir une grande importance ; mais un autre critique eût pu l'étendre davantage. La limite entre le travail de révision qui mérite ce titre et le travail qui ne le mérite pas encore est évidemment arbitraire ; je n'ai pas cru devoir appeler édition, mais qualifier seulement tirage de la troisième édition les manuscrits à prologue. Je n'ai pas non plus em2)loyé le mot édition pour désigner l'opération fort intelligente d*où sont sortis des manuscrits mixtes tels que F L D\ l'emploi de l'expression manuscrits mixtes rendait ma classification plus claire; mais j'avais le droit d'être plus prodigue de ce mot édition. La limite est, au fond, fort arbitraire. En effet, un bon nombre de manuscrits sont l'œuvre non seulement d'un copiste, mais aussi d'un éditeur qui a préparé le travail matériel du copiste. Lorsque cette révision préparatoire se réduit à peu de chose, il est convenable de ne pas employer le mot édition, mais on doit néanmoins apercevoir le personnage en question derrière le copiste. De même aujourd'hui nous disons volontiers que l'abbé de Saint-Martin et Isambert n'ont pas donné à proprement parler une édition des Etablissements de saint Louis; nous ne les confondons pas pour cela avec leurs imprimeurs.

P nous révèle très clairement l'existence de son éditeur. Cet éditeur avait écrit un petit avis pour le copiste, comme nous le faisons nous-mêmes constamment avec notre imprimeur. Par une maladresse heureuse, car elle nous révèle un procédé, le copiste a copié l'avis à lui seul destiné. Il était ainsi conçu : « Ci a grant letre^. »

Divers mss. des Etablissements décèlent moins directement, mais aussi sûrement, la présence d'un éditeur ou, si l'on veut, d'une intelligence derrière la main qui copie ; mais l'éditeur est plus discret, plus réservé que ceux dont

\. Voyez ci-après, t. II, p. 18, n. 46.

j'ai mis les travaux en saillie et son intervention se réduit k peu de chose. Je prends quelques exemples :

Patient, mais peu intelligent, l'éditeur de ^ Z7 a tourné en latin tous les renvois au droit romain. Au lieu de « selonc droit escrit ou Code »,«... en la Digeste », « en Décrétâtes » il a mis partout : « ut C. »S « ut ff. »^, « ut Extra »^. Il a aussi mis en latin l'intitulé des titres du Code, du Digeste et des Decrétales, quand il l'a trouvé traduit en français : ce retour systématique au latin l'a plus d'une fois rapproché du texte primitif où les titres des recueils de droit romain et de droit canon cités par le compilateur étaient restés sinon toujours, du moins le plus souvent en latin. Enfin il traduit aussi en latin la formule assez fréquente : « oùil est escrit de ceste matière » qui devient « uhi de hoc » . Ce petit travail secondaire pourrait à la rigueur donner le change et se faire prendre pour un texte original si le réviseur inintelligent ne montrait souvent le bout de l'oreille. Ainsi, dans le ch. 21 du liv. II, rencontrant non la formule précédente, mais les premiers mots de cette formule suivis d'un autre contexte, il place maladroitement sa petite phrase latine de la manière la plus grotesque. Le texte portait : « où il est escrit de la noble dame qui fit protestacion ; y> notre éditeur traduit bravement : « uhi de hoc qui fist protestacion^. » Ainsi, encore, dans le ch. 102 au liv. P^ rencontrant ce titre français « Des achaz des hommes », traduction française avec faute de copiste ^ des mots latins « De statu hominum » (Dig., I, v), il traduit sans hésiter : « De redem, ho. » K Z7 presque identiques sont les deux repré-

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