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CONCLUSIONS PRATIQUES. — LA PRESENTE ÉDITION

Constitution du teœte. C'est vers \di première édition que doivent nécessairement tendre nos efforts, les éditions suivantes n'ayant rien ajouté d'important et ayant, au contraire, supprimé tous les traits originaux, tout ce qui donne à l'œuvre un cachet et une position déterminés. Si donc le ms. autographe de la première édition nous était parvenu, nous n'aurions guère qu'à le reproduire.

Bien entendu le manuscrit autographe de la première édition n'existe plus. On sait que des autographes de ce genre sont d'une infinie rareté.

Si nous possédions une première et bonne copie de cette première édition, nous n'aurions cette fois encore qu'à la reproduire quant au fond, mais en introduisant un assez grand nombre d'améliorations de détail ; car un bon manuscrit du moyen âge n'est après tout que l'équivalent d'une première épreuve de nos jours.

Nous ne possédons point cette première et bonne copie de \di première édition.

Nous avons seulement entre les mains une copie partielle (ch. 1-9 du liv. P"" et liv. II) de la première édition, et cette copie, pour le texte qu'elle contient, est lointaine et plus d'une fois altérée. Elle est en outre due à un copiste qui se ressentait des influences picardes et dont la langue ne peut être celle du rédacteur des Etablissements.

En l'état des manuscrits, nous ne pouvons donc reproduire \di première édition que pour les ch. 1-9 du liv. P"" et pour le liv. II.

Nous devrons pour les ch. 10-175 du liv. T" nous con-

tenter de la seconde édition (probablement très voisine de \di première).

Conformément à ces prémisses, N nous a fourni les grandes lignes de notre édition pour les ch. 1-9 du liv. P*" et pour le liv. II ; mais nous avons corrigé bien des fautes* de détail à l'aide des autres manuscrits.

Existe-t-il pour les ch. 10-175 du liv. r*" un manuscrit de la seconde édition qui puisse nous servir de guide à peu près unique ?

En aucune façon : K UJ sont des tirages particuliers. I n'est que de la première moitié du xiv« siècle ; H est du xiv^ siècle et très incomplet. Reste G du xiii^ siècle ; mais G est écrit, lui aussi, dans une langue spéciale qui sent le picard 2 et ne peut être celle du rédacteur. Au reste, chacun de ces manuscrits présente bien des fautes ; et tous les représentants réunis de la seconde édition sont quelquefois en désaccord avec les sources £ ^ qui offrent une leçon bonne, une leçon certaine. Cette leçon des sources, il arrive en certain cas que nous la retrouvons dans la troisième édition lorsqu'elle a disparu dans la seconde. Ceci n'a rien de surprenant. Nous avons vu que la seconde et la troisiè^ne édition se rattachent à un même manuscrit ^ perdu présentant certains signes qui se sont transmis chez tous ses descendants {seconde ou troisième édition). Tel passage a pu être mieux copié pour la troisième édition qu'il ne l'avait été pour la seconde. Il a pu arriver aussi qu'une bonne leçon tombée dans tous les représentants actuels de la seconde édition, bien qu'elle ait figuré dans tel ou tel de ses représentants perdus, nous ait été conservée par un

1. Pour les fautes de N voyez ci-après, t. II, p. 439 n. 28, 31 ; p. 440, n. 5 ; p. 465, n. 38 ; p. 425, n. 27 ; p. 408, n. 35, 44 ; p. 384, n. 43; p. 382, n. 2; p. 375, n. 13; p. 373, n. 16.

2. Voyez ci-après, t. II, p. 488, la rubrique du ch. 193 du liv. 1", d'après G, et passim, même page.

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