‹ Les établissements de Saint LouisChapitre 369 sur 404 · Voyez Md., p. 263, n. 46; p. 301, n · texte numérisé non relu

Voyez Md., p. 263, n. 46; p. 301, n

elle doit être la leçon même copiée par le rédacteur des Etablissements.

Ce raisonnement est ordinairement juste : il le serait toujours, si nous possédions le manuscrit même du xiif siècle utilisé par le rédacteur des Etablissements.

Il n'en est pas ainsi, et il a pu arriver en des cas extrêmement rares, qu'un mot ou que quelques mots se sont déformés d'une manière identique d'une part dans les descendants subsistants du manuscrit primitif de la Coutume de Touraine-Anj ou ; d'autre part dans plusieurs descendants du premier manuscrit des Etablissements ; et par suite un ou plusieurs manuscrits des Etablissements prévaudront contre e C et d'autres manuscrits des Etablissements. Ceci est tout à fait exceptionnel ^

Il va de soi, et ceci est bien plus fréquent, que les mss. z X, du XIV® siècle offrent souvent des leçons défectueuses que les mss. des Etablissements du xiii*^ siècle peuvent corriger ; nous ne sommes plus ici en présence de ce phénomène singulier et fort rare d'une même faute se produisant spontanément dans des manuscrits différents.

Au résumé, notre travail d'éditeur a pour base : en première ligne les mss. des sources et N (livre P% ch. 1-9 ; livre II) ; les manuscrits des sources et les manuscrits des Etablissements, seconde édition (liv. I, ch. 10-175) ; en seconde ligne tous les autres mss. des Etablissements.

£ ^ Y] 0 1 % présentent un petit nombre de passages omis dans les mss. des Etablissements. Rien ne permet de présumer que ces omissions soient volontaires. Elles sont peut-être spéciales aux mss. des Etablissements que nous possédons. Si, au contraire, elles dérivent du manuscrit princeps des Etablissements, c'étaient, dans ce ms., des accidents sans portée. J'ai suppléé ces passages entre crochets.

1. Voyez des exemples, ci-après, t. II, p. 285, n. 43; p. 256, n. 28, et surtout p. 216.

Toutes les additions dues au rédacteur des Etablissements sont imprimées en italiques*. Ces additions se distinguent avec certitude dans le livre I'-"" ; on les devine par conjecture dans le livre IL

Je pense que les diverses rubriques qui coupent en chapitres les deux ordonnances de saint Louis, la Coutume de Touraine-Anjou et l'Usage d'Orléanais, n'appartiennent pas aux textes primitifs.

Nous en avons la preuve pour les deux ordonnances qui correspondent aux ch. 1-9 du liv. I"". a y o X nous offrent un texte dépourvu de toute rubrique et semblable sur ce point aux autres ordonnances royales; ^ seul a déjà des rubriques, du moins à la tablée L'auteur des Etablissements reçoit en l'état les deux ordonnances ^ et ajoute quelque chose de plus, je veux dire les renvois au droit romain et au droit canon.

Dans £ Oa Coutume d'Anjou n'est pas, à proprement parler, rubriquée, ou, du moins, ne l'est pas d'une manière continue. Quelques paragraphes seulement, en très petit nombre, ont un véritable titre ; la plupart portent en guise de rubrique les premiers mots du texte que le copiste a répétés

1 . Ces conventions typographiques ne s'appHquent pas à l'appendice du t. IL

2. Pourquoi ne figurent-elles pas dans le texte? Est-ce une erreur du scribe? Je ne sais.

3. Il n'est pas inutile d'ajouter que ce texte p, adopté par notre compilateur, est précisément celui qui circulait en Orléanais, puisque c'est celui qu'on a ajouté après coup au Livre de jostice et de plet (je songe aux rubriques de la table). Ceci vient confirmer ce qui a déjà été dit sur l'origine probablement orléanaise des Établissements. — On voudra peut-être ajouter que celui qui avait commencé par rubriquer les deux ordonnances est celui-là même qui, un peu plus tard, les reprit pour y ajouter des renvois au droit romain et au droit canon et y joindre la Coutume de Touraine-Anjou et celle d'Orléanais. L'hypothèse ne me paraît pas inadmissible.

en vedette. Je me représente la première rédaction de la Coutume de Tour aine- Anjou comme dépourvue de ces divers points de repère, et je pense que V Usage d'Orlenois dont nous n'avons plus aucun ms. était dans le même cas. Il est vrai que le compilateur des Etablissements renvoie le lecteur à tel titre de la Coutume de Tour aine- Anjou, à tel titre de Y Usage d'Orlenois — et il cite les rubriques^ de ces titres — ; mais il s'agit de la Coutume de Tour aine- Anjou, ou de V Usage d'Orlenois en l'état où les a mis le compilateur lui-même, c'est-à-dire tels qu'ils se trouvent dans les Etablissements. Ainsi dans le livre II, le compilateur renvoie au titre De joutise de vavasor en l'Usage de Touraine^ ; cette rubrique figure en effet dans V Usage de Touraine incorporé aux Etablissements; mais les mss. des sources e ^ ne la fournissent pas ; le paragraphe en question n'y porte d'autre rubrique que les premiers mots du texte répétés par le copiste.

Je dois ajouter que les citations latines de l'auteur des Etablissements ont été dans la présente édition systématiquement ramenées à l'orthographe moderne ^ et qu'à moins d'indication contraire toute variante de K suppose la même variante dans U. Enfin le lecteur sait déjà parla Notice des manuscrits que les lettres de l'alphabet latin ont été réservées aux mss. des Etablissements, tandis que les autres manuscrits sont désignés par des lettres de l'alphabet grec.

Ces explications me paraissent suffisantes en ce qui touche l'établissement du texte. Il me reste à dire un mot de la langue et de l'orthographe.

Langue et orthographe. Par un hasard malheureux, les représentants de la première et de la seconde édition

1 Voyez notamment ci-après, t. II, pp. 440, 461, 469.

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