Cf. Et., n
périodes secondaires. Le droit tourangeau -angevin du XIII'' siècle nous offre lui aussi un exemple (un seul) de ce genre de style juridique : « Li rois ne tient de nului fors de Dieu et de lui^ »
Cette forme pittoresque aura beaucoup de crédit au xv^ et au XVI® siècle. Elle trouvera sa floraison dans les Institutes de Loisel. Si le brocard est une forme agréable, c'est aussi une forme dangereuse. Frappée et comme saisie dans une formule, la pensée n'est bientôt plus qu'une sorte de monnaie courante qui se prête à des usages très différents : le brocard devient une arme dont chacun se sert à sa guise, un mot dans le vocabulaire : il fait partie de la masse inerte des matériaux ; et c'est ainsi qu'il dure. L'histoire de la formule Le mort saisit le vif serait un curieux exemple à l'appui de ces observations.
J'ai signalé les caractères extérieurs qui m'ont paru frappants et distinctifs dans deux Coutumes d'Anjou et d'Orléanais. Toutes deux, d'ailleurs, ont des traits communs : dans l'uneetdansrautrejerencontrecesénumérationsincomplètes, cette forme matérielle et concrète qui, toutefois, m'a frappé bien davantage dans la Coutume d'Anjou. Si, laissant la forme, je jette un coup d'œil rapide sur le fond du droit, je m'arrête encore une fois à des ressemblances incontestables. Les deux textes ont un défaut commun à la plupart des premiers essais juridiques du moyen âge : ils pèchent par omission. Des matières importantes n'y sont pas abordées : le rédacteur de la Coutume d'Anjou n'a presque rien dit, par exemple, des successions collatérales autres que celles de frère à frère : l'auteur de l' Usage d'Orlenois est plus incomplet encore. Mais je n'insiste pas sur ce point : comme il n'est pas certain que nous possédions intégralement l' Usage d'Orlenois, je puis me tromper en cherchant à préciser les oublis du jurisconsulte.