‹ Les établissements de Saint LouisChapitre 52 sur 404 · Laurière, Ord., t. I, p · texte numérisé non relu

Laurière, Ord., t. I, p

s'agit de la sœur mariée et il n'a point été dit qu'elle ait eu des enfants. Le rédacteur eût dû écrire : « se sa suer moroit avant son mari. »

4° J'ai peine à croire que le jurisconsulte ait réussi à rendre exactement sa pensée dans le § 118 consacré aux acquisitions par l'Eglise : toute église qui acquiert devra , dit-il, notifier au suzerain l'acquisition qu'elle a faite, se déclarant prête à garder ce bien ou à le mettre hors ses mains, au choix du suzerain. Rien de plus simple et de plus conforme aux habitudes du moyen âge. Mais voici ce qu'ajoute le rédacteur : « si lor doit li sires esgarder qu'il le doivent oster, dedanz l'an et le jor... » D'où il résulterait, à prendre ce texte à la lettre, que le suzerain ne devra jamais autoriser l'acquisition et toujours exiger la mise hors des mains. N'est-il pas sensible que le rédacteur n'a pas rencontré ici l'expression juste ? Il aurait dû, en achevant le paragraphe, laisser au suzerain le droit d'option que suppose le commencement de l'article.

5** Le § 111 nous apprend à propos d'une hypothèse particulière que le duel judiciaire ne peut avoir lieu quand la valeur du litige n'atteint pas cinq sols. D'un art. de la Compilatio (32) nous pouvons induire que cette règle est générale. Le rédacteur Ta donc mal présentée et ne lui a pas donné sa vraie portée.

6"" Les §§ 38 et 68 consacrés au parage disent deux fois la même chose à peu près dans les mêmes termes. Les §§ 78 et 116 in fine disent tous deux que la justice laïque doit s'emparer de l'hérétique et l'envoyer à Tévêque. C'est une répétition inutile * .

Ainsi, la rédaction de la vieille Coutume de Touraine- Anjou laisse à désirer; elle n'a pas été revue avec soin, cir-

1. Rapprochez des divers paragraphes de la Coutume de Tonraine-Anjou que je viens de citer, le texte des Etablissements (ciaprès t. II, pp. 46, 57, 98, 22, 23, 245, 227, 66, 67, 129, 147, 240).

constance que je tenais à signaler, car elle peut servir à expliquer pourquoi les caractères primitifs, les traits naïfs du langage sont si accusés dans ce texte.

Les deux ordonnances qui ouvrent le recueil des Etablissements ne donnent lieu, au point de vue du style, à aucune observation très topique. Je n'y remarque pas l'inexpérience enfantine du rédacteur de la Coutume de Touraine- Anjou : je n'y trouve rien non plus qui rappelle cette concision heureuse et réfléchie du style Orléanais.

Après cet examen tout extérieur, j'arrive à l'étude interne des textes et j'en recherche les éléments divers.

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