D'Espinay, Les Cartul. angevins^ pp
2. Yoyez déjà en ce sens, au xiy« s., la Coutume glosée dans Beau temps-Beaupré, Coût, et instit. de l'Anjou et du Maine, l*"® part., t. I, pp. 183, 184.
3. Et., I, 46, 47, 48, 79. On sait que PhlHppe-Auguste avait voulu supprimer l'intermédiaire de l'aîné et placer les cadets directement en face du suzerain {Ord., t. I, p. 29). Cette tentative n'eut aucun succès dans notre région.
matretraxissetoriginem, si fratrem primogenitum aliqua specie subjectÂonis superiorem agnosceretK »
Dans une foule de chartes du xi^ et du xii^ siècle, on voit les frères appelés à consentir à l'aliénation d'une terre par leur frère : c'est le sentiment de la copropriété familiale qui visiblement persiste. Cette cohésion primitive de la famille se fait encore sentir, mais lointainement, dans un chapitre de la Coutume d'Anjou relatif au parage : ce chapitre garde le souvenir d'un temps où, dans les familles nobles, le chefparageur ne pouvait faire aucune aliénation sans le consentement préalable de ses aparageurs. Notre Coutume établit un dialogue entre un aparageur et son chef : le premier fait mine de contester à ce dernier le droit d'aliéner : celui-ci le revendique. Bref, on lui reconnaît le droit de vendre sa terre à qui bon lui semble ; mais il est tenu de laisser à ses aparageurs des biens suffisants pour maintenir leur position et faire leurs services féodaux^.
Telles sont les dispositions de nos Coutumes qui concernent les successions ab intestat.
J'arrive au testament :
Le testament pénétra assez vite chez les Barbares. Ce ne fut autre chose, dans certaines contrées, qu'un développement de Yadfatomia : dans ces pays, le testament garde jusqu'aux temps modernes l'empreinte de Yadfatomia ^. Je n'aperçois en France aucune trace de ce germanisme : c'est le testament romain qui, de tous côtés, s'insinue : à cet égard, les preuves abondent. Toutefois le testament ne se fit
1. Historia comitum Andegav. dans Marchegay etMabille, Chro^ niques des comtes d'Anjou, p. 344.