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LES INSTRUMENTS

A l'aide de quels instruments écrivait-on? Ils ont varié suivant la nature de la substance sur laquelle on traçait des signes. Sur la pierre, la brique, les métaux, le bois, la cire, en un mot sur tous les corps durs, les caractères ont presque toujours été tracés à la pointe sèche, soit en fer, soit en bronze ou en os, que les Romains appelaient graphium ou stijlus. On raconte que ce stylus n'était pas toujours employé dans un but pacifique et faisait souvent des blessures mortelles que sa forme aiguë explique fort bien. Ce stylus a été employé également pendant le moyen âge.

1. Cf. Lecoy de la Marche, Les Manuscrits et la Miniature ; Auguste Molinier, Le Manuscrit.

Saint Jérôme écrit dans une de ses lettres : « On se sert du stylet sur la cire; du roseau sur le papyrus ou le parchemin. »

Ce roseau ou calamus était récolté sur les bords du Nil, à Memphis, et sur le lac Anaïtique, en Arménie. Les calamus étaient réunis en faisceaux que l'on rangeait dans un étui spécial, t/ieca calamaria; on les taillait comme des plumes d'oie, en fendant l'un des bouts par le milieu, au moyen d'un canif. Leur pointe n'ofîrait d'ailleurs que peu de résistance. On avait beau la polir et l'affiler à l'aide de la pierre ponce ou d'un canif, elle s'émoussait vite sur les rugosités du papyrus ou du parchemin. Les Romains inventèrent alors des calamus en bronze dont l'usage ressemblait à celui de nos plumes métalliques, que l'on trempait dans

l'encre, comme le calamus de roseau. Plus tard, l'on substitua la plume d'oiseau. Elle figure sur les colonnes Trajane et Antonine. Elle est mentionnée également au vii^ siècle de notre ère. Naturellement, c'est à l'oie que l'on emprunta surtout son plumage. Mais on faisait cependant une sélection, car l'on n'employait que les plumes dites rémiges. On les préparait d'une certaine façon, que,

CASIER A LIVRES MU.M d'un pupitre.

plus tard, les Hollandais perfectionnèrent, en les plongeant dans un bain de cendres chaudes; c'est de là que vint la célébrité des plumes hollandées. Les plumes d'oie conservèrent durant le moyen âge une certaine valeur : on les vendait 4 sols six deniers parisis le demi-cent en 1524. Dès le xiv^ siècle, on commença la fabrication des plumes de fer ou d'airain.

Les Anciens n'ignorèrent pas la règle, le compas, l'encrier, le canif, le grattoir. Le crayon de plomb, pour régler ou pour écrire, avait la forme d'une plaque ronde et mince, qui dispensait de le tailler. Au xii* siècle, on fabriqua des crayons en forme de lancettes, plus ou moins luxueux. Certains étaient ornementés de croix et de fleurs de lys, ou surmontés d'un croissant ou d'un écusson. Ce fut aussi vers la fin du moyen âge que l'on commença à user de la mine de plomb, et à l'enfermer dans un tube de bois.

Comment réglait-on le papier ou le parchemin? — Au moyen d'une planchette et d'un compas. La planchette avait la largeur de l'interligne. C'était de même que l'on préparait les marges ou les colonnes.

Les scribes étaient naturellement susceptibles de se tromper. Aussi fallait-il effacer ou gratter l'erreur. Pour ces deux opérations, l'on se servait de l'éponge et du grattoir. L'éponge pouvait effacer également l'écriture ancienne aussi bien que la nouvelle. Les grattoirs ressemblaient à ceux dont on se sert aujourd'hui. Ils se composaient d'un manche d'os ou de métal, et d'une lame'.

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