‹ Les étapes d'un livreChapitre 53 sur 101 · MACHINE EN BLANC · texte numérisé non relu

MACHINE EN BLANC

qu'il faut pour faire vibrer davantage cette forme qui a été l'une des plus belles créations modernes. Nous terminerons enfin cette citation par la maison Peignot, à qui l'on doit YAuriol, d'un joli usage pour les travaux de ville, et le Grasset, caractère mâle et plein, convenant aux ouvrages de force et d'impression sévère.

Si nous cherchons maintenant à résumer l'histoire de la typographie, du point de vue de la lettre elle-même, et non de ceux qui l'ont créée, nous pouvons discerner les périodes suivantes :

Les premières lettres dont les imprimeurs se soient servis s'appellent lettres de forme. « C'est, dit M. Thépenier, une gothique

loo LES ETAPES D'UN LIVRE

anguleuse, hérissée de traits; et ce sont ces caractères qui furent gravés en premier lieu sur planche xylographique, ensuite isolément et en bois, et fondus, grâce à Schaefîer, dans des moules et des matrices.

« Puis vint une gothique plus arrondie et dépourvue de traits, appelée lettre de somme.

« Les premiers caractères de forme latine sont ceux de Sweinheim et Panartz, améliorés par Jenson. Les majuscules de son type de caractères semblent copiées sur d'anciennes inscriptions de la période d'Auguste; les lettres du bas de casse ou minuscules semblent une réminiscence de la forme manuscrite du xv^ siècle. Mais ces caractères furent un peu délaissés malgré l'ampleur et l'élégance de la forme. L'on n'y revint qu'une quarantaine d'années après, et les caractères de forme gothique et semi-gothique furent presque exclusivement employés. »

ART DU CARTONMER AU XVIl" SIÈCLE.

1° le cheval tourne la matière dans ce qu'on appelle la Pierre; 2° l'ouvrier de cuve puise la pâte; 3° l'ouvrier presse les carions.

L'histoire de la reliure remonte à une époque dont il est difficile de préciser le début. Elle se rattache directement à l'histoire du livre carré ou codex, dont on ne saurait également déterminer l'apparition. On sait qu'il vient des Grecs, qu'il passa ensuite chez les Romains, et qu'à l'époque de César et de Cicéron, on le réservait aux lois, aux décrets et aux ordonnances. Ce n'est guère qu'au temps de Martial qu'on en signale l'usage pour les livres d'histoire et de littérature. Cette extension donna au livre carré une importance nouvelle. Et la reliure devint de plus en plus nécessaire pour la conservation des ouvrages en même temps que pour leur embellissement.

Chez les llomains, l'ornementation de la reliure des codices n'était pas bien compliquée. Elle se composait ordinairement de filets gaufrés sur le vélin naturel ou teint qui couvrait le volume. Un médaillon frappé au milieu du plat représentait l'empereur régnant. Quatre clous cabochons et des coins de métal ornaient les angles.

Ces livres étaient serrés par des courroies et parfois munis de fermoirs,

La richesse de la couverture nécessita bientôt le besoin de la protéger, et c'est ainsi qu'on enferma la reliure dans une seconde enveloppe, en toile ou en soie, qui s'appelait camisia. Après la chute de l'Empire romain, à l'époque barbare, cet usage se prolongea encore pendant longtemps. Mais, en somme, les renseignements que nous possédons sur la reliure antique manquent en même temps de précision et d'abondance. L'Ecole d'art qui suivit et qu'on appelle byzantine est, selon l'opinion générale, la plus ancienne que l'on puisse prétendre véritablement connaître.

On désigne sous le nom de reliures byzantines les reliures composées d'émaux cloisonnés, de bas-reliefs, de filigranes, et exécutées dans les treize premiers siècles de notre ère, mais ce n'est pas une expression géographique.

Le travail de ces reliures est d'une exécution grossière. Les livres sont cousus à doubles nerfs, sans mors, renfermés entre deux ais de bois et la plupart du temps recouverts de velours; mais la reliure n'est vraiment ici qu'un art secondaire, c'est plutôt l'art de l'émailleur et de l'orfèvre qui domine*.

D'une façon générale, on est d'accord pour appeler ^o/A/^ue toutes les reliures exécutées depuis saint Louis jusqu'à François P''. Ce style fut le générateur de tous les autres et on le rencontre surtout en France et en Allemagne.

Pendant cette période, l'on n'a pas encore abandonné l'usage des reliures recouvertes en velours. On ne connaissait pas encore très bien l'emploi de la peau. Les reliures de veau ou de truie gaufrée n'étaient pas abondantes. On employait l'or et l'argent pour les riches fermoirs avec leurs ombilici ou boutons, et les clous ouvrés qu'on semait sur le velours. Les cuirs des reliures n'étaient pas encore dorés, et le luxe des cuirs dorés de Cordoue était réservé à la tenture des chambres, — d'ailleurs, quand même le relieur qui n'était qu'un servant de l'Université aurait connu les secrets de cet art de la dorure, cela ne l'aurait avancé à rien. Il faut se rappeler qu'au moyen âge, chaque corps de métier, et celui de relieur comme les autres, ne pouvait être exercé que grâce à certains privilèges pour

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