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LA RENAISSANCE

A l'époque de Louis XII, le style gothique n'est pas tout à fait abandonné, mais l'on aperçoit déjà les premières lueurs de la Renaissance. Déjà l'or apparaît dans la décoration des reliures, les lignes s'adoucissent et prennent de l'élégance.

Les volumes aux armes de Louis XII ne sont pas très nombreux. On y voit les ^rmes non seulement au centre du plat, mais encore plusieurs fois répétées avec l'écu de France : comme spécimens de cette époque, on peut voir à la Bibliothèque Nationale le Parrhisiorum urbis laudibus (Paris 1514, in-4) aux armes du Roi et d'Anne de Bretagne, avec les emblèmes du porc-épic. Citons encore le poème d'Andrelinus écrit en l'honneur du roi, mais qui a dû être relié à Venise. Il ne porte que la devise : cominus et eminus.

Le relieur ordinaire de Louis XII était Guillaume Eustache, libraire et relieur à la fois.

C'est sous le règne de Louis XII, d'après le témoignage de Thoinan, que l'on commença à faire des dorures sur tranches, et, dès le début, l'on chercha à en augmenter l'effet par des ornements ciselés à l'aide de fers qui, frappés au marteau sur les tranches, s'y imprimaient en creux. On voyait comme ornements des guillochés, des arabesques, des emblèmes, des lettres initiales. Cette ornementation était rehaussée par des couleurs variées; mais ces couleurs mêmes devenaient ternes et peu jolies quand la poussière obstruait le creux des ornements; de plus, il était difficile de tourner les pages qui, par les incisions pratiquées, ne se détachaient pas facilement les unes des autres.

Dans la suite, on recommença à embellir les tranches par la ciselure, et on appellait cette opération « antiquer les tranches *. »

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