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LA RESTAURATION

LE caractère principal de la reliure, sous la Restauration, est la solidité. Elle est massive, porte des nervures postiches, le dos est frappé, en or ou à froid, d'ornements spéciaux avec de gros titres sans abréviations. On emploie pour la dorure un or de première qualité. Le maroquin est toujours en faveur, mais il n'est plus rouge, on préfère les tons gris, brun, héliotrope, orangé cuit.

Durant toute la période de la Restauration, jusqu'en 1875, dans le grand mouvement de la Bibliophilie française, c'est l'école de l'imitation qui fait loi et qui occupe toute la faveur. On pointillé comme Le Gascon. On compartimente comme du Seuil. On double comme l'asdeloup. Les dentelles de Derôme, la décoration au petit fer et plus tard les fers à l'oiseau, les fers à la fanfare, sont les seules ornementations que les bibliophiles admettent sur leurs ouvrages. Ni dans le choix du décor, ni dans l'invention des motifs, ni dans l'adaptation de la reliure au texte de l'ouvrage, on ne rencontre d'originalité réelle ni d'esprit créateur. Avec Thouvenin qui succède à Bozérian, nous nous trouvons certainement en présence d'un maître. Mais Thouvenin, comme ses prédécesseurs, compose des reliures à compartiments. On y retrouve l'influence de Grolier, tandis que ses rinceaux à feuillage font songer naturellement à Clovis Eve. Quant aux reliures dites à la Cathédrale et dont Thouvenin est l'inventeur, elles sont obtenues presque toujours au moyen de plaques à froid et de fers poussés à la main. L'inspiration des motifs décoratifs est empruntée à l'architecture du Moyen âge. Elle n'est pas personnelle à l'artiste. En somme, Thouvenin est avant tout, lui aussi, un artiste soigneux, un admirable élève.

La Restauration ne manque pas de relieurs notables en dehors de Thouvenin, à savoir : Lefebvre, Larrivière, Bibolet, Vogel, Ledoux, Ginain, Duplanil, Meslant, Ducastin.

Que voyons-nous ensuite?

C'est la fameuse période des bibliophiles de 1875. « Us se cramponnèrent plus énergiquement que jamais aux falbalas de Derôme, écrit M. Eugène Rodrigues. Ce fut une épidémie de postiches chronique, agrémentée d'exhumations triomphantes et d'adaptations héroïques. »

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