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Clerc, Procédés photomécaniques monochromes

couleurs primaires : le jaune, le bleu et le rouge. En y ajoutant, comme fond de dessin, une planche en noir, Janinet et Debucourt tirent de fort belles estampes en couleurs, par l'impression polychromique au moyen d'une série de planches gravées en creux. En 1817, le graveur sur bois Bréviaire tentait l'impression xylographique en plusieurs couleurs. Senefelder eut la préoccupation d'appliquer sa nouvelle découverte à la polychromie. Mais ce ne fut guère qu'en 1837, que Godefroy Engelmann réussit à surmonter les difficultés qui avaient arrêté l'illustre inventeur : l'impression par juxtaposition. Actuellement de nombreux artistes, aquafortistes, lithographes, xylographes et burinistes restaurent avec succès les procédés du maître du xviii' siècle, importent ceux des Japonais et même en inventent de nouveaux. »

« Or, écrit M. Marly, on sait vanter les valeurs nuancées et le coloris de ces estampes japonaises, mais l'importance du rôle de l'ouvrier qui les imprime est trop souvent oubliée. Le graveur nippon ne dispose que d'un rudimentaire ciseau emmanché dans un bambou. Le dessin, tracé sur pelure, est collé sur une planche de cerisier, et le recto adhérent au bloc. Fendant du même coup le papier et le bois, il suit l'original avec fidélité. Aucun n'a d'initiative personnelle. Au contraire, le rôle de l'imprimeur est primordial. Armé, pour encrer sur bois, d'un rond de carton enveloppé de filaments de bambou, il manipule, suivant l'expression de M. Biry, « la matière grasse de mille manières, fonce d'un côté, atténue de l'autre, gradue par endroits, de sorte que des effets et des modèles variés peuvent être obtenus par un seul tirage, de savants essuyages donnent parfois l'illusion de taches posées au pinceau. » Déjà fort séduisante dans le maniement des blocs monochromes, cette adresse obtient, dans les planches en couleurs, de prodigieux résultats.

En somme, la couleur, en taille-douce, peut s'obtenir de trois manières différentes, avec une seule planche gravée, en tirant les épreuves à la poupée; avec trois planches repérées des trois couleurs primaires; enfin par le moyen qui exige autant de planches que de couleurs vives ou de tonalités atténuées.

« Le nom d'épreuves à la poupée, nous apprend M. Marty, vient du tampon d'encrage où des yeux complaisants ont cru reconnaître la jujic et la tête rudimentaire d'un fantoche. Le cuivre est peint en couleur comme un tableau. L'ouvrier dispose d'autant de tampons

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que de tons, et au besoin, de pinceaux. Ces épreuves sont chères, inégales, et quelle que soit l'habileté de l'opérateur, il faut par surcroît qu'il soit un coloriste. C'est chimère d'escompter par ce moyen la reproduction fidèle d'une peinture. La timidité de touche donnera des modelés vulgaires; le passage d'un ton à l'autre se trahira par des doutes ou des mollesses. La poupée, au contraire, laisse toute sa fleur, toute sa fraîcheur au coloris d'un dessin ou d'un ornement très simple, et les chances de succès s'accroissent si on a eu la fortune d'être guidé par l'artiste. »

« Qu'il s'agisse de chromogravure manuelle ou mécanique, explique M. Marins Vachon, à l'exception des systèmes à la Congrève, à la poupée, ou au pinceau, la polychromie s'obtient toujours par juxtaposition ou superposition de planches donnant les diverses couleurs nécessaires à la reproduction de l'original. L'artiste décompose lui-même, suivant ses goûts et sa science coloriste, l'œuvre à traduire en polychromie; s'il crée un prototype, on grave directement la planche dans les mêmes conditions. Pour cette raison, il y a presque autant de procédés que de graveurs : tous les genres, burin, eau-forte, pointe-sèche, roulette, aquatinte, lithographie, etc., étant souvent employés simultanément pour obtenir les effets désirés. En photogravure, les procédés moins nombreux se rapportent à deux catégories bien distinctes : 1° la reproduction directe de peintures à l'huile, aquarelles, pastels, etc. ; 2° l'exécution d'une gravure d'après une composition faite dans ce but, avec la gamme seule des couleurs à reproduire. Dans la première catégorie, il est exécuté une photogravure qui sert de planche mère, ne devant, en vue de cet office, donner qu'une image légère, tirée généralement en gris ou en noir très peu profond. Des chromistes décomposant le coloris pour le restituer au moyen d'autant de planches qu'il est nécessaire à une copie fidèle ou approximative, suivant l'idéal poursuivi. Toutes les parties de la composition se rapportant à une couleur sont reportées au moyen de décalques sur une planche et gravées.

« On comprendra aisément que pour arriver à donner l'illusion relativement parfaite d'une œuvre d'art polychrome, d'une peinture par exemple, on soit obligé de graver un très grand nombre de planches, et que le repérage, leur mise en train et leur impression constituent des tours de force extraordinaires et exigent des travaux

d'une rare difficulté. A l'exposition universelle de 1889, l'Imprimerie Nationale montrait fièrement des planches de la description de l'Hôtel de Rohan exécutées au moyen de vingt-cinq clichés, des gravures de V Imitation de Jésus-Christ qui avaient exigé cent dix-sept tirages en couleurs. Mais s'agit-il d'une gravure de la seconde catégorie, d'une polychromie par à plats et non par superposition, on procède d'une manière plus simple, qui amène des résultats plus économiques et généralement fort satisfaisants, si l'artiste en a acquis une certaine pratique. Le dessin général de la composition est tracé sur du papier ou sur de la toile en ligne sommaire, au trait ou bien par grands partis pris d'effets de fond, destinés à former le cloisonnage et l'assiette de la couleur. La photographie réduit le dessin pour lui donner plus de finesse, et le fixe sur la planche de métal. De cette première planche, on tire une épreuve que l'artiste met en couleur, suivant le nombre de tons qui lui a été fixé; ou, parfois même, s'abandonnantà sa libre inspiration, peint-il le dessin sans préoccupation de la chromogravure. Le chromiste, dans le premier cas, n'aura qu'à reporter sur chaque planche la couleur correspondante, et, dans le second, il procédera à une décomposition rendue relativement aisée par l'emploi déterminé de tons; et il arrivera à rendre avec la certitude presque absolue d'une imitation parfaite, par des superpositions ingénieuses et par des tours de main spéciaux, toutes les délicatesses des nuances, toutes les harmonies de tons de l'œuvre originale. »

MARQUE POUR l'imprimerie PLANTINIENNE.

Dessin de Rubans.

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