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LES ORIGINES

Y E début de l'illustration des livres, ainsi que leur impression, 1j doit être cherché dans la xylographie, c'est-à-dire dans l'art de découper dans une planche de bois le dessin tracé à sa surface. Aux temps primitifs, jusques et y compris le xiii^ siècle, l'iconographie a été presque uniquement religieuse. C'est ainsi que se forma au xuf siècle une sorte de symbolisme, qui régit l'art et ne le laissa pas s'aventurer hors des formules définies, ni s'abandonner à la fantaisie individuelle. On s'en tenait toujours aux mêmes sujets. 11 existait, suivant l'expression de M. Gusman une « théologie » de l'art « Cette science, écrit M. Emile Mâle, fut transmise par l'église aux sculpteurs et aux peintres laïcs du xiii- siècle, chargés de conserver religieusement les traditions sacrées, de sorte que l'art du

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Moyen ^âge, même aux siècles où il fut le plus vivant, garde la grandeur hiératique de l'art primitif, »

En France, cette théologie, ce symbolisme, prolongèrent longtemps leur durée, après le superbe élan du xiii" et même du XIV® siècle. Pendant le xv% la France a comme un moment d'arrêt. Les Flandres, au contraire, l'Italie, la Bohême et Cologne, évoluent pendant la même période vers de nouvelles directions. Vers la fin du xiv^ siècle, nous verrons l'art, tout en restant religieux, devenir plus humain, plus expressif, perdant de son abstraction, et retraçant avec un certain réalisme quelques scènes de la vie quotidienne. C'est ainsi que se formera l'imagerie populaire.

C'est également l'époque des mystères, des cérémonies et des fêtes religieuses. On imprimait alors pour ces cérémonies des programmes, avec des images sur bois, ainsi que des almanachs, horaires et images dévotes. Beaucoup de ces gravures gardent leur caractère hiératique. C'est qu'elles ont été bien souvent publiées par les moines qui travaillaient beaucoup à la diffusion et au perfectionnement de l'imagerie. Ces premiers livres à images imprimés au frotton n'avaient d'écriture que sur un des côtés de la feuille. On les dit alors anapistogrœphiques, tandis que ceux qui sont imprimés sur les deux côtés delà feuille sont dits œpisto graphiques.

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