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TRAVAIL DU PAPIER AU XVII* SIÈCLE. COLLAGE DU PAPIER

On pressait alors les pâtes blanches, tant pour en faire sortir l'humidité que pour faire disparaître le grain des feutres. Puis on séparait les feuilles et on les étendait par petits paquets sur les cordes, dans un bâtiment très aéré appelé étendoir; c'est là que les feuilles de papier séchaient complètement; en hiver, le chauffage et la ventilation bien réglée à l'air chaud remplaçaient le chauffage à l'air libre qui se pratiquait pendant la belle saison. Lorsque le papier était suffisamment sec, un ouvrier appelé saleran procédait au collage en trempant les feuilles dans un bassin de colle composée de rognures de cuir ou de raclures de parchemin; on faisait sécher

de nouveau et l'on mettait le papier en mains de vingt-cinq feuilles, puis en rames composées de vingt mains, soit cinq cents feuilles, Chaque rame était ensuite recouverte d'un fort papier appelé maculature et liée par une ficelle*.

C'est cette fabrication qui parut en Europe entre le xi^ et le xif siècle, et qui donna tous ces magnifiques papiers anciens. Elle se prolongea jusqu'à la fin du xviii* siècle, du moins pour l'ensemble de la fabrication. Il paraît qu'au x\f siècle le meilleur papier se faisait en Auvergne, à Clermont et à Thiers; comme l'imprimerie avait déjà pris un développement considérable, on s'était mis à fabriquer pour son usage des papiers sans colle qui prenaient mieux l'encre grasse ou fatiguaient moins les caractères. Au xviii^ siècle, les moulins d'Angoulême, de Limoges et d'Ambert étaient les plus renommés; c'est de là que sortaient ces beaux papiers à lettres de toutes couleurs qui se vendaient à Paris, chez Salmon, rue Dauphine.

Mais la fabrication du papier, jusqu'aux approches de la Révolution, appartient à ce que nous pouvons appeler, avec M. Failliot, « la première époque, l'époque rétrospective du papier. » Laissons ici la parole au spirituel et savant conférencier, et suivons avec lui, depuis 1789 jusqu'à nos jours, l'histoire de la fabrication moderne. « Nous arrivons, à cette époque, écrit M. Failliot, à Essonnes, qui est le berceau de la papeterie mécanique, et c'est là que nous reviendrons souvent, dans cette histoire de la fabrication du papier.

«A cette époque, une cinquantaine de moulins fonctionnaient. On y faisait du papier pour la Convention qui en demandait bea-ucoup pour imprimer ses assignats. Mais, les ouvriers d'Essonnes n'en fabriquant pas assez, la Convention y envoya un ouvrier, Robert, pour étudier la fabrication.

« Une fois arrivé dans les ateliers d'Essonnes, Robert, intelligent, très actif, remuant, vit les ouvriers former, coucher, sécher le papier, et trouva le labeur rude et long. Il conçut une machine et en parla au fabricant de papier d'alors, nommé Didot-Saint-Léger.

« Didot-Saint-Léger n'était pas très riche; il mit à la disposition de son ouvrier Robert, son matériel, son temps. La réussite fut mince; on fabriquait du papier presque spécialement pour la Con-

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