‹ Les Etapes d'un naturalisteChapitre 17 sur 44 · SÉVILLE · texte numérisé non relu

SÉVILLE

« Séville n'a pas de rivale en grandeur et en beauté : elle est aussi glorieuse dans les armes qu'immortelle dans les lettres.

« Un Dieu en jette les fondements ; Jules César la fortifie, le More la conquiert et l'embellit, un saint la reconquit.

« Et don Pedro de Castille, de sa justice sévère, de ses douces amours, la sème de légendes.

« Elle montre de riches palais de marbre et de mosaïques, de beaux minarets que la croix domine.

« Là les colonnes d'Hercule, là la svelta Giralda, et l'alcazar délicat, et l'immense cathédrale.

(1) Ces lignes, que je laisse telles Qu'elles furent écrites, prouvent que je n'avais alors pas lu les livres ae M. Hennique. (1884.)

(2) Deuxième vtea culpa. (1884.)

LA LITTÉRATURE ESPAGNOLE. Io5

« Riche, noble et très chrétienne, il n'est point de rue sans boutique ouverte, point de maison sans un écusson, point de faubourg sans église.

^< Les orangers l'embaument, en même temps qu'ils la parent, le Guadalquivir la berce, la réfléchit et la baise.

« Les fleurs germent dans nos fontaines, et partout jaillissent ses fontaines, comme les papillons et les abeilles autour des fleurs.

« Les plaines qui l'avoisinent emplissent de fruits ses greniers, et à la sultane entonnent de douces cantilènes.

« La perdrix dans les blés, le chardonneret dans les peupliers, la tourterelle sur les oliviers, le rossignol dans la forêt.

« Là, pas un nuage au ciel, pas une épine à terre ; l'ouragan ne renverse pas un arbre, la neige ne flétrit pas le fruit.

« De doux zéphyrs y susurrent dans un éternel printemps : le sol est une pépinière de fleurs, et le firmament (une pépinière) d'étoiles. »

José VELARDE.

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