LA CHANSON DE MON BERCEAU
« Quand ma mère me berçait, elle me chantait une chanson triste, suave et douce comme les chants du martinet noir.
« Tam-tim-tam, le berceau faisait, — tam-tim-tam, faisait le ber-
« En écoutant la chansonnette, un doux sommeil m'envahissait : mes yeux se fermaient et je m'endormais heureux.
« Tam-tim-tam, le berceau faisait, tam-tim-tam, faisait le berceau.
« Je voudrais bien me la rappeler, mais je ne me la rappelle
point : elle a fui de ma mémoire, quand je perdis la paix du cœur.
«Tam-tim-tam, le berceau faisait, tam-tim-tam, faisait le berceau.
« Plus ne reviendront les rêves de ce temps, qu'il est doux d'évoquer. Morte est ma mère et mis au rebut le berceau.
« Tam-tim-tam, le berceau faisait, tam-tim-tam, faisait le berceau.
« Ah ! mère, ma mère, pourquoi m'avez-vous sitôt abandonné ? Les angoisses de la vie me torturent et je suis seul. « Tam-tim-tam, le berceau faisait, tam-tim-tam, faisait le berceau.
« Dans ce berceau qui me berçait, dorment mes illusions : éveillez-les quand j'y pose le fils que Dieu me donna. « Tam-tim-tam, le berceau faisait, tam-tim-tam, faisait le berceau.
« Et quand sa mère le berce, inspirez-lui la chanson avec laquelle, un jour, vous m'avez bercé et qui m'endormait heureux.
« Tam-tim-tam, le berceau faisait, tam-tim-tam, faisait le berceau. »
Je ne pouvais trouver citation plus heureuse, en terminant, que ces vers d'un ami.
Janvier i88l.