FRÉDÉRIC MISTRAL
A L'ACADÉMIE FRANÇAISE (i)
1 L NOUS FAUT FrÉDÉRIG MlSTRAL A l' ACADÉMIE
I Française. , . ^^
La gloire académique ne lui manque pas, mais il manque à la gloire de l'Académie.
Après avoir laisse échapper deux des plus beaux fleurons de la couronne littéraire de la France, Molière et Balzac, les Immortels ne commettront point cette faute, de négliger, sous devains prétextes, celui qui personnifie la poésie du Midi, le génie national de la moitié de la Patrie, et d'une moitié qui, pour parler une langue autre que le dialecte abâtardi des fau-
(i\ Cet article est à peu près, la seule page que je croie devoir Jnie^t d^n jotnaVà eLtènce éphémère, où .1 v^le jour ^. MidiliUéraire. Se. âs^t^ est importante, P"'^'' ^"*: " ^3 VeS)ns fais gloire, -le point de départ d'une campagne dont nous verrons sans^dout; procLnement le tnoniphant ^^^^l^!* 11 es des cause^^^ pour lesquelles on est heureux et fier d'avoir ete le clairon d avant garde.
bourgs parisiens, n'est pas d'un patriotisme moins ardent que celui du Nord.
Nous ne sommes point autorise's à mettre le nom du grand Félibre en avant : nous agissons de notre propre mouvement, et nous pouvons ajouter, sans crainte d'être désavoue', car Frédéric Mistral n'a pas le droit de se dérober aux honneurs académiques. N'eût-il pas les titres littéraires qu'il peut invoquer, il représenterait le mouvement félibresque, dont il est le plus illustre adhérent, sinon le premier maître, et cette qualité interdit à sa modestie de s'effacer et de ne vouloir être que le fermier de Maillane.
Je sais fort bien que la victoire ne sera point obtenue sans combat, mais vraiment, quel argument allèguera-t-on, qui ne soit facile à réfuter ?
Frédéric Mistral n'est pas un auteur français ? Ceci est faux. Est Français quiconque est né sur le sol de France, parle une langue née sur le sol français, exprime des idées françaises, et à ce point de vue. Mistral est au moins aussi Français que M. Barthélémy Saint-Hilaire ! Mais alors de quel droit maintiendrions-nous, comme nous devons le maintenir, — s'il nous reste la moindre fierté et le moindre orgueil de race, — que l'AIsace-Lorraine est une province française, en dépit des hasards de la conquête ? Oserions-nous adopter le principe de M. de Bismarck, que tout ce qui parle allemand est allemand? Non certes, Frédéric Mistral est Français, et si sa gloire appartient à la France, c'est pour la France un devoir de la constater.
Ses titres ? Nul ne les ignore. Après Miréio^ Calendau^ Lis Isclo d'or^ ce sera demain Giiil-