‹ Les étapes d'un volontaire (volume 3)Chapitre 10 sur 24 · DO LES ÉTAPES · texte numérisé non relu

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n'as pas répondu loiil a rJieiirc à ma question : Comment as-tu pu parvenir jusqu'à moi?...

— C'est Dieu ! je te le répète, ma bienaimée Laure, d'autres diraient un pressentiment ou le hasard, qui m'a conduit

— Maisne crains-tu pas, continualajeune fille en hésitant et comme si ces paroles lui étaient pénibles à prononcer, ne crains-tu pas que Durand n'arrive et ne te surprenne?

— Durand ! répéta le jeune comlo en

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palissant, tandis qu'un éclair de rage brillait dans ses yeux, ne me parle plus de cet homme, je t'en supplie, ma Laure bienaimée. Le bourreau de ton père et ton assassin! Ah! son nom dans ta bouche est pour moi une cruelle blessure au cœur !

— Il est vrai que ce monstre a fait monter mon pauvre père sur l'échafaud ; qu'il nous a séparés toi et moi, Gaston, par un abîme désormais infranchissablej que je meurs parce qu'il a voulu ma honte ! Oui, ce sont la d'affreuses vérilés que je ne puis^ me dissimuler et qui m'ôtent la force de lui pardonner à mes derniers moments,' comme me l'ordonne mon devoir de chrétienne! Eh bien, malgré tous les crimes dont cet homme s'est rendu coupable , il

en est un cependant qu'il n'a pas osé accomplir...

Mademoiselle de L*'* s'arrêta un moment, puis laissant tomber sur son cousin un de ces regards purs et limpides comme le divin Raphaël a su seul en donner a ses vierges, elle baissa encore la voix, et, se penchant vers son fiancé :

— Ne comprends-lu pas, Gaston, murmura-t-elle, mon aveu ?...

— Que di-lu, Laure? s'écria le jeune homme avec impétuosité. Explique-toi, de grâce!... Je ne sais si je dois m'arrèter a

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l'idée qui me vient à l'esprit !... Oh ! non, ce serait trop de bonheur... Parle, parle, de grâce, ne me fais pas languir davantage !

Il est certain que mademoiselle de L"* ne soupçonnait pas la présence d'un étranger dans la cham])re , que rien n'avait pu me trahir. Cependant , avanl de répondre au comte , elle regarda instinctivement autour d'elle comme pour s'assurer qu'entre elle et son cousin Dieu seul écoutait leurs confidences.

— Gaston , dit-elle alors on s'appuvant sur le jeune homme par un geste plein d'un chaste abandon, si la mort n'a rien

qui m'eiïraiej c'est que je meurs digue de toi ! Ta fiancée n'a jamais manqué a ses serments!.,.

— Ah ! mon Dieu, je vous remercie, s'écria le comte avec une explosion de joie qui tenait du délire... Ah! je suis trop heureux! je suis trop heureux!...

Je ne rapporterai pas les tendres et doux propos des deux fiancés : c'est là un de ces souvenirs que je garde soigneusement enfouis dans le coin le plus ohscur de mon cœur. Je croirais les profaner en les matérialisant sous ma plume. Et puis comment rendre, quand l)ien même je céderais a une indiscrétion déplacée, le

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geste, la voix, le regard, le silence éloquent de ces pauvres enfants si nobles], si aimants et si purs ! Cela me serait aussi impossible que de tenter de décrire le parfum d'une fleur.

Plusieurs fois, pendant ce doux entretien, lorsqu'ils se reportèrent aux beaux jours de leur jeune âge, qu'ils redirent les jeux et les peines de leur enfance, je sentis mes larmes couler, malgré moi, le long de mes joues ! Hélas! cet entretien devait être le dernier de ces infortunés!

Mademoiselle de L*"^"^, dominée par la puissance et le charme de la parole de Gaston, avait un moment oublié ses souffrances, mais la nature ne tarda pas à reprendre ses droits.

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La malheureuse jeune fille pâlit et retomoa en proie a une crise affreuse.

J'abandonnai alors l'angle obscur où je je m'étais tenu jusqu'alors immobile, et courus a son secours. Mon apparition parut étonner extrêmement le comte.

— Quoi! vous n'êtes pas encore parti? me dit-il. Je vous croyais déjà loin d'ici, et ne pensais plus a vous. Venez, suivezmoi.

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Gaston, en parlant ainsi, me prit brusquement par le bras, et m'entraîna , sans me donner le temps de lui répondre, vers la porte de sortie.

Mais, mon ami lui dis-je pendant qu'il détruisait en toute hâte l'espèce de barricade que j'avais formée avec des meubles derrière la porte ; mais, mon ami, qu'allez- Yous faire? Ëcoutez-moi , je vous en conjure!

Le comte de L***, sans me répondre, avait continué son travail. Armant ses pistolets , probablement afin d'einpéclier G entrer ceux qui eussent pu se présenter, il enlr'ouvril la porte et me poussa doucement dans la rue.

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— Et votre or que vous me laissez, lui dis-je vivement, reprenez-le !

Le comte de L***, en entendant ces paroles, leva les épaules d'un air de pi-, lié.

— Vous savez bien que je n'appartiens plus a la terre, me dit-il en refermant vivement la porte sur lui, gardez cet or!

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