‹ Les étapes d'un volontaire (volume 4)Chapitre 7 sur 12 · C.-^î. Trudaine, 28 ans, né :! Paris, même qualité · texte numérisé non relu

C.-^î. Trudaine, 28 ans, né :! Paris, même qualité

5.-\. Micault, 37 ans, né a Paris, conseiller au ci-devant parlement de Dijon, rue Tailbout.

P.-F. Demachi, 52 ans, né a Croisy, exnoble, rue Portefoin.

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J. Beausset, 42 ans, né a Pondichéry, ex-capitaine de la garde du îjran, ex-vicomte.

H.-J. Dervilly, 43 ans, né a Paris, épicier, rue Mouffelard.

C.-F. Lorivai, 33 ans, né a Rivière, exerraite, Gloître-Saint-Benoîi.

C.-S.-L. Defossé 57 ans, né a Paris, exconstituant a Compiègne;

M. Chefer, 33 ans, née a Draguignan, femme Defossé.

P. Blanchard 5 cinquante-six. ans, né a Meslaj, ex-couimissaire général de l'armée des Vosges.

E. Riquel, cinquante ans, né a Toulouse, femme Cam!)on, ex-président du parleraenlde Toulouse, rue Neuve-Saint-Marc.

Mme U.-A. Jaslud, 27 ans, née a Richemond, femme Buller , américain, exnoble.

M. H. Sabine Viriville, 31 ans, née a Paris , femme de l'ex-comte de Périgord, rue de l'Université.

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C.-A. Bogniard, 44 ans, né a Mouchelle, près Arras, ex-curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, rue des Bernardins.

P. Broquet, 80 ans, né à Goutances, prêtre, rue Bergère.

C. Auger, 43 ans, né a Paris, ex-olTicier de paix, rue Neuve-Egalité.

M.-P. Jozeau, 41 ans, né b Chartres, ex-chef des bureaux de la mairie, cloître Saint-Benoît.

A.-J. Boucher, 36 ans, né a Paris, exsecrétaire de Bailly, rue Avoine, m a

A.-D. Violle, 45 ans, né a Besançon, intendant de lex-princesse de Monaco, rue des Filles-Saint-Thomas.

F. Hilaire, 45 ans, sans état, rue des Marais.

Le guichelier I^educ m'apprit plus lard la tragique façon dont se dénoua l'affaire de l'infortuné Loizerolles père.

Comme l'acte d'accusation, dressé d'avance, portait les mêmes désignations, le greffier se contenta d'etfacer le prénom de François qui apparlenailau fils, et le rem-

plaça par celui de Jean. Lors de l'appel, Coffinlial effaça a son tour le mot fils qu'il remplaça par celui de père, puis il surchargea grossièrement les chiffres de l'âge et substitua 61 a 22 ans.

Jean-Simon Loizerolles, qui n'était pas même^ accusé, fut guillotiné, avec nos autres compagnons dont je viens de donner la liste, dans la journée du 8 thermidor !

Le 8 au matin, nous nous attendions a chaque instant a voir apparaître nos corbillards, — c'était ainsi que nous appelions les chariots; mais notre triste attente fut heureusement trompée.

8i LES ÉTAPES

Toutefois, nous n'étions pas plus rassurés a cause de ce relard ; au contraire : l'incertitude qui nous torturait, grandissant d'heure en heure, avait fini par atteindre de telles proportions que les trois quarts des détenus étaient tombés dans un état de prostration qui approchait de l'idiotisme.

Le spectacle de désolation que nous présentions était si navrant que la femme Semé elle-même, notre impitoyable persécutrice, ne put en être témoin sans se sentir attendrie.

— Mes enfants, mes amis, nous dit-elle,

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en rompant le morne et lugubre silence qui régnait dans le réiecloire, mangez, mangez, les chariots ne viendront ni aujourd'hui, ni demain. Peut-être pas avant quinze jours...

Le 9 thermidor, au moment où l'on allait nous renfermer dans nos chambres, le porte- clés Leduc s'approcha de moi d'un air mystérieux et, baissant la voix : Soyez discret, me dil-il, j'ai une bonne nouvelle a vous annoncer!... Mais non, vous pourriez me trahir, et qui sait? Robespierre n'est peut-être pas encore par terre!.... ajouta-t-il en s'arrêtant.

Leduc, après avoir prononcé ces paroles

80 LES ÉTAPLS

un peu ambiguës, mais enfin fort significatives, s'éloigna vivement de moi, et sans me donner le temps de l'interroger.

Je m*empressai de communiquer cet incident a Anselme.

— Pourvu que j'arrive a tordre le cou à Manini, c'est tout ce que je demande, me répondit-il avec son stoïcisme accoutumé, le reste m'importe peu.

A peine Anselme achevait-il de prononcer ces paroles que nous entendîmes au dehors les tambours battre la générale et

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le rappel ; peu après les porte-clefs fermèrent les guichets intermédiaires des corridors : il était évident qu'un grave événement se passait.

Je ne puis dire les angoisses et les incertitudes qui éloignèrent pendant toute la nuit le sommeil de nos paupières ! Allai lon nous massacrer ou nous délivrer ? Nous n'avions même plus le courage de nous communiquer nos conjectures.

Le lendemain matin, h sept heures, des prisonniers nouveaux, que l'on envoyait pour partager noire captivité, nous apprirent la défaite de Robespierre et de la mu-

nicipalité. Celte nouvelle, si inattendue et si extraordinaire, constituait pour nous un si heureux événement, et nous étions depuis si longtemps hal)itués au malheur, que nous refusâmes d'y croire; toutefois, nous commençâmes à sortir de notre torpeur, et a nous communiquer nos réflexions et nos espérances.

A midi enfin, la chute de Robespierre nous fut annoncéed'une façon si positive, presque olllcielle, que nous ne pûmes plus mettre en doute notre bonlieur.

Alors ce furent des cris, des larmes, des transports de joie indicibles; nous tom-

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bions dans les bras les uns des autres en nous appelant du doux nom de frères ; nous étions ivres de bonheur.

Un seul homme peut-être parmi nous conserva son sang-froid et sa dignité ; le lecteur a déjà dû reconnaître dans cet homme Anselme! La seule réflexion qu'il se permît fut : « ce coquin de Manini a vraiment de la cliance ! »

Il me tarde maintenant de sortir de cette atmosphère fétide des prisons que j'ai peut-être trop longtemps fait respirer aux lecteurs. Je passerai donc rapidement sur les démarches que fit Ansehne, libéré

avant moi , pour obtenir ma sortie de Saint-Lazare.

Malheureusement une lettre écrite depuis plus de deux mois par mon oncle le patriote, lettre dans laquelle il me représentait comme un séïde enragé de Robespierre, relarda ma mise en liberté de plus de quinze jours, et je ne sortis de Saint- Lazare qu'a la condition de retourner de suite a l'armée.

J'étais si heureux de pouvoir enfin vivre de la vie de tout le monde que je ne songeai pas 11 me plaindre de ce qu'on me renvoyait encore sous les drajieaux.

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Je passais mes journées avec Anselme, et comme j'avais touché de l'arp^ent de chez moi, je le faisais dîner deux fois par jour.

— Mon ami, me dit-il un soir en sortant de table, je mène une vie digne d'un porc d'Épicure, et qui ne peut durer! Je viens te faire mes adieux.

— Tu pars! oîi vas-t|i? m'écriai-je tout ému.

— Je vais en Vendée, me répondit-il ; tu dois le souvenir que c'est la une idée

qui me tourmente depuis longtemps. Au reste, je ne te dis pas adieu, car je sais que nous nous y reverrons.

— Moi! aller en Yeiulce! mais lu es fou! Je n'y songe nullement.

— Ça ne fait rien : je suis superstitieux, moi, et depuis notre double rencontre a l'Abbaye et a Saint-Lazare, je me suis mis en tête qu'il était dans notre destinée de ne plus nous séparer. Je te dis que si je vais en Vendée tu viendras aussi !

Malgré le chagrin que me causait le dé-

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part d'Anselme , je ne pus cependant m'empêcher de rire de sa foi dans noire réunion.

Chose étrange! quinze jours plus tard, le bataillon, dans lequel j'avais été incorporé en qualité d'adjudant, était désigné pour partir pour la Vendée, et la singulière prédiction d'Anselme se réalisait.

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