‹ Les étapes d'un volontaireChapitre 20 sur 23 · LES^TAPES · texte numérisé non relu

LES^TAPES

^non appartient au pape de même que Paris appartient au roi ; avoir ajouter que bientôt Avignon, — faisant allusion aux armes papales — retournera à qui de droit, Jean Audibert, homme de loi, sera mis en arrestation dans la maison de réclusion ; le scellé sera apposé sur ses papiers, meubles et effets.

ï» Pour avoir empêché son fils de chanter le « Ça Ira » et lui avoir appris le vaudeville : « Vive Henri IV! >>, André ïrimoulet, dit Sans-Peur, marchand de soieries, sera mis en état d'arrestation, et le scellé sera apposé sur ses papiers, meubles et effets.

» Pour avoir vendu son blé un tiers de moins en valeurs métalliques qu'en assignats, Joseph Gouriel, du village de la,

Côte, commune de l'ex-Saint-Jean, sera mis en élat d'arrestation dans la maison de réclusion, lescellé sera appose, etc., etc.

«Pour ne pas s'être rejoui lors delà victoire de Jemmapes et avoir dit que Toulon était imprenable, Jean Rigault, ancien canonnier de la marine , sera mis en état d'arrestation, le scellé apposé sur ses papiers, etc., etc.

» Pour avoir donné asile a son frère, prêtre assermenté et rebelle, François Laussel, cultivateur du hameau des Pruniers, commune de Castelfort, sera mis en état d'arrestation dans la maison de réclusion; le scellé sera apposé, etc. , etc.

p Signé : Chou-Navet Dumont.

Président.

Laitue Planche t.

« Secrétaire,

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Après avoir parcouru une assez grande partie de ce registre, je fis deux observavations : la première , que dans les séances du matin, les mêmes faits étaient bien plus sévèrement jugés que quand ils se présentaient a la séance de l'après-dîner ; la seconde, que toutes les fois qu'il n'y avait pas de preuves matérielles, quel que fût le délit, le prévenu était simplemcmt renvoyé a la maison de réclusion ; mais que dès qu'il y avait des preuves écrites, quelques minimes et insignifintes qu'elles fussseot, l'accusé était traduit devant le comité de sûreté générale.

Profitant bientôt de l'animation qu'une

dénonciation fort grave venait de faire

naître parmi le comité révolutionnaire, je

m'échappai adroitement et sans être vu

de mou geôlier Pistache.

d'un volontaire 257

Une fois dans la rue, je m'empressai de haler le pas, et me rendis, sans m'arrêler, jusqu'à l'extrémité opposée de la ville.

Un mauvais cabaret borgne que j'aperçus, me parut un endroit fort convenable pour- me cacher ; je demandai une bouteille de vin et une chambre, et on me conduisit dans une arrière-boutique sombre et de la plus triste apparence.

Mon intention était de rester dans ce taudis jusque vers les sept heures, de façon qu'il fut impossible k mon ami Pistache de me retrouver avant la fin du jour; puis, vers les sept heures, de me mettre a rôder dans les environs de sa maison, pour arrêter au passage la fille du marquis de R***, lorsqu'elle arriverait à son ren-

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dez-YOus; de lui bien faire connaîlre le danger affreux auquel elle s'exposait, et de lui olï'rir enfin mes loyaux et désintéressés services.

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