‹ Les étapes d'un volontaireChapitre 4 sur 23 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Après avoir quitté Orange et avant d'arriver a Avignon, le bataillon fit halte dans un petit bourg dont le nom m'échappe. Comme nous étions beaucoup de monde et que ce bourg contenait un fort petit

nombre de maisons , la municipalité nous dislribua, pour être hébergés, au nombre de quatre chez chaque habitant.

En compajrnic d'Anselme et de deux autres camarades, je fus donc sonner a la grille d'une jolie habitation de campagne qui nous avait été désignée pour logement. Une domestique âgée d'à peu près cinquante ans et très proprement vêtue, vint nous ouvrir aussitôt et nous accueillit, quoiqu'elle voulut affecter à notre vue un air dégagé, avec autant de respect que de crainte.

— Citoyens , nous dit-elle pendant que nous traversions le jardin qui conduisait a la maison , j'ai une grâce a vous demander, c'est celle de vouloir bien respecter le repos de mon maître, qui est

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vieux, paralytique, et digne de toute votre pitié. Au reste, ancien militaire comme vous, il a servi pendant quarante ans son pays; la vue de votre uniforme ne peut que lui faire plaisir en lui rappelant sa jeunesse ; il m'a déjà donné l'ordre de mettre tout ce qu'il possède à votre disposition.

— Mais, brave citoyenne, dit un de mes compagnons, je doute que notre uniforme rappelle a ton maître le temps de sa jeunesse. La cocarde d'aujourd'hui n'est plus la même que celle d'alors !

— Oh ! mon maître est un bon patriote î s'écria la domestique avec empressement; je ne lui ai jamais entendu dire que du bien de la révolution.

Une fois que nous fûmes arrivés, la doit 4

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