‹ Les étapes d'une classe au Petit séminaire de Québec, 1859-1868 [microforme]Chapitre 10 sur 36 · MARS AS D · texte numérisé non relu

MARS AS D

Ce simple coup d'œil laisse aisément soupçonner la monotonie des classes de ce professeur sans vie. Jamais la moindre historiette; rarement un mot pour dérider les fronts ; toujours le calme plat. Notre principale distraction, à part celles qui étaient illégales, consistait à le regarder courtiser une superbe tabatière, paresseusement couchée sur sa table. Il la rapprochaïit de temps en temps,la tapait amicalement comme pour l’éveiller,et lui escamotait Coup sur coup deux ou trois bonnes pincées'de tabac. Puis,visiblement at comble du bonheur, il époussetait menton et soutane, pour les débarrasser des molécules qui n’avaient pu trouver place au chef-lieu.

Il manquait aussi à M. Beaudet une paire de bons yeux, les siens étaient myopes. La mêche en fut vite éventée, et la découverte exploitée, Plusieurs élèves lurent Consciencieusement, d’un bout à l’autre de l’année,les leçons qu’ils trouvaient plus commode de ne pas apprendre. Lorsque nous Composions en histoire, il exigeait que les manuels Drioux «se tinssent debout, sur la pile des livres et des cahiers de chaque élève, qui leur servait de piédestal, La consigne était respectée, et les inquiétudes du professeur dissipées. Mais il oubliait que tous ces manuels, quelle que soit la

période historique qu’ils traitent, ont Ja même taille, le même teint, la même physionomie, se ressemblent comme des jumeaux. Aussi, la plupart des Drioux en vedette étaient des intrus qui n'avaient droit de circuler qu’en quatrième. Il croyait, honnêtes comme lui, ces grands enfants que l'irréflexion seule faisait manquer à Fhonneur et à la loyauté.

En revanche, nous étions parfois victimes de cette myopie. Cette mésaventure arriva un jour à Marmette, digne pourtant d’un meilleur sort, M. Beaudet pensant l'avoir Pris la main dans le Sac, le gratifia d’un pensum. Labrecque qui, cette fois, était le coupable, réclama en vain la punition infligée, et n’obtint d’autre réponse que celle-ci: « M. Marmé fera le pensum. »

M. Beaudet a passé un peu plus de dix ans dans l’enseignement, Au sortir du professorat, il a occupé Presque aussi longtemps Ja charge de préfet des études ; puis la dernière décade de sa vie s’est écoulée en partie dans une inaction forcée. Il est décédé en 1891, âgé seulement de 6r ans.

M. Doherty, encore étudiant en théologie, fut appelé à recueillir la succession de M. Paxman. Il a donc été notre professeur d'anglais en troi-

sième, en seconde et en rhétorique. On pourrait dire de nos professeurs d'anglais: « plus ça changeait, plus c'était la même chose. » Ce dernier, pétri d'esprit, mais inégal comme la cuisinière irlandaise, au Caractère mobile, savait être, Presque en même temps, le plus aimable et le plus maussade des professeurs. Il était lun ou l’autre, suivant les brusques variations de son tempérament, Ses tempêtes éclataient comme des coups de tonnerre dans un ciel serein, et le beau temps reridissait aussi vite. Je suis de ceux qui n’ont jamais pu s’habituer à cette température capricieuse.

À part les démélés ordinaires et presque inévitables, entre professeurs et élèves, nos relations au cours de la troisième furent assez bonnes. Mais il en fut autrement en seconde. À un moment donné, la classe tout entière se mit en grèvé, spontanément, pour ainsi di, e. Nous avions tous conscience d’avoir mieux soigné l’anglais ;cependant les bulletins ne Causaient pas de nous en termes plus flatteurs,leur appréciation était identique à celle du dernier semestre de la troisième. Il n’en fallut Pas davantage pour provoquer une crise dont !e dénouement pouvait être tragique. Une'grève d’écoliers, en effet, est affaire

délicate et périlleuse. Il est si facile de mettre les

Aussi Chacun veilla Scrupuleusement « à rendre à César

ce qui est dû à César» Du moment que la sil- , houette du professeur d'anglais apparaissait, on | aurait dit une classe peuplée de statues de marbre, inanimées jusqu’à son départ. Cette boude-

Ce fut pour Belleau l'occasion de plaider sa première cause. Désigné par ses confrères, il se leva bravement et expliqua nettement leur attitide. Après avoir félicité cet avocat en herbe, notre professeur Plaida coupable, indirectement : avoua méprise involontaire, tendit la branche d’olivier, et termina en décrétant un Deo ÿratias auquel seule la cloche mit fin. La hache de guerre était enterrée, et une nouvelle lune de miel commençait, au moins pour quelques semaines. On sait que les tempêtes d’écoliers ont plus de Surface que de profondeur,

de prendre l'affaire au tragique et immédiatement les relations redeviennent cordiales. Les scénettes qui eurent lieu en rhétorique ne dégénérèrent jamais en conflit. D'ailleurs, je les ai toutes oubliées, à l'exception d’une crise hystérique, qu’un mot inconsidéré de ma part, provoqua chez notre Professeur d'anglais. Sa mercuriale m’aurait laissé fort indifférent si, alors, j'avais mieux connu la Pauvre humanité, et compris combien certain tempérament national] est diffi. cile à museler..

| Néà Québec en 1838; ordonné prêtre en 1865, M. Doherty Sompta quatre ou cinq ans au nombre des prêtres auxiliaires du Séminaire. I] débuta dans le ministère Par le vicariat de Sainte- Catherine, passa Peu après à celui de Saint-Roch, Québec, où il est décédé le 20 mai 1872. M. Blais, aujourd’hui évêque de Rimouski, Jui succéda comme professeur d'anglais.

Les régents furent : MM. A. Pelletier, V. Le. garé, J. Auger, N. Laliterté, Antoine Gauvreau, C. Hallé, ;. Maguire, Cyrias Bérubé. La pre-

1. M. Doherty a été inhumé dans la chapelle des Ur. sulines de Québec.

mière salle était sous la direction de M. Pelletier À la deuxième, comme l’année précédente, sous celle de M. Victor Légaré, heureux au milieu des tout jeunes, sachant s’en faire aimer, et n’ambitionnant rien de plus.

Abstraction faite des Permutations que nous avons déjà notées, la liste des autres titulaires ne fut pas modifiée: mêmes directeurs, mêmes professeurs de théologie mêmes professeurs de sciences, même préfet des études, même Procureur et même économe.1

Dès les premières semaines de septembre, un confrère de classe, pris de nostalgie, nous faussa Compagnie. Au sortir du déjeüner, il quitta son Tang Sans être remarqué, descendit au hâvre du Palais, et prit Passage à bord d’une goélette en Partance pour la Malbaie. 11 avait volontairement oublié de se munir d’un Passeport, mais il comptait rééditer dans son dénouement la parabole de l'enfant prodigue. Malheureusement

verdière, Audet, A. Legaré $ et les prêtres auxiliaires : MM. Baillargé, Brunet, Strem. ler, F. Laliberté, B, Paquet, Beaudet, Chandonnet, Maingui, L..H. Paquet, V, Legaré, D. Vézina, Alexis Pelletier; puis Dumontier et Gonthier. au collège de Lévis,

ne convia et les amis à venir festoyer. Au il y on avait encore

en ce temps-là—reftisa de le voir, et lui fit transmettre, itô i

La punition fut plus confrère est aujourd’hui

quarante-deux braves, sous la direction de MM. Auger et Nap. Laliberté, prirent part à ce piquenique. Grâce aux notes de l’abbé Vincent, je puis donner la liste complète de ces collé-

giens,dont près de la moitié sont maintenant disparus: Joseph Marmette, notre romancier canadien, décédé il Y à une dizaine d'années : Adrien Papineau, prêtre du Séminaire, déccus en 1880; Joseph Lefebvre, décédé en 1866; Réal Guénard, curé dans le Dakota 3 Frs. Cinq-Mars, ancien curé de Lyon Mountains, décédé à Portneuf en 1902; Henri Delagrave, employé civil à Ja re. traite; Alfred Decelles, bibliothécaire du Parlement d'Ottawa ; Adolphe Rinfret, médecin, décédé au Cap-Santé en 1873; Prosper Vincent, pensionnaire de la Caisse St-Joseph; Rodolphe Tanguay, décédé ; Charles Marcotte, notaire et ancien député provincial de l’Islet, décédé à Lowell; James Humphrey ; Georges Roy, régistrateur à Edmonton, Province d’Alberta ; Jules Taché, employé civil, décédé en 1897; Edouard Casault, pensionnaire de la Caisse St-Joseph; Achille Fréchette, employé civil d'Ottawa; Philippe Charest, médecin, décédé subitement à

Beauport, en 1882 3 Charles Darveau, avocat ; Anseline Déziel, curé de Beauport; D, Gosselin,

; L-N. Belleau, avocat ; décédé élève en droit à Laval,

en 1870; Siméon Marmette, Pharmacien ; Mau-

rice Duchesnay, notaire,

merset, en 1900;

dé; Praxède

Partis du Séminaire

trois heures après dans

voisé en notre honneur,

Commença à gronder du moment que nous fûmes €n vue, Notre confrère Prosper, revêtu du costume national, était au Premier rang de la tribu réunie pour nous souhaiter la bienvenue. Plusieurs confrères, mystifiés, le Prirent pour le

grand chef et ne le reconnurent qu'après coup. Il se mit aussitôt à notre service et n’épargna rien Pour agrémenter notre Promenade. Après une halte de quelques instants, nous primes la direction du Château-d’eau où nous devions Camper. Il était temps, car les estomacs commençaient à crier famine. Ce qu’il fallut de crêpes pour assouvir tous les appétits, les manufacturiers n’eurent pas le temps d’en faire le compte ; inais il y en eu: suffisamment pour rassasier tout le monde. Dans l'après-midi nous fimes visite au curé, M. Boucher, aux familles Vincent et Picard,

Puis nous reprimes la route de Québec, salués de

nouveau par le canon de la bourgade. Le retcur

s’effectua avec l’entrain du matin, et démontra Que personne n'avait trop présumé de ses forces. La fatigue attendit au lendemain Pour nous faire visite,

La lessive spirituelle, à cette lointaine époque, se faisait toujours un Peu trop attendre, Si elle avait eu lieu—comme aujourd'hui—au commencement de septembre, profésseurs et é.èves s’en seraient mieux trouvés. Les premiers auraient bé néficié d’une bonne volonté qui jusqu’à la retraite, restait à l’état latent chez bon nombre d’écoliers. Ceux-ci, d’un autre côté, se seraient plus

vite acclimatés et mis à la besogne. La retraite de 1863-1864 s’ouvrit donc—confcrmément à la tradition—le 24 octobre, .et fut prêchée par M. Perraud, sulpicien. TJn auditoire d’écoliers de tout âge n’est pas ce que beaucoup pensent. II est difficile à manipuler et à captiver, car il est composé d'enfants qui dépassent à peine l’âge de raison, et de jeunes gens capables de comprendre et d'apprécier un sérmOn ou, du moins, qui se piquent de l’être. 11 faut särement des ressources oratoires pour intéresser tout un monde mélangé à ce point. Aussi, j'aurai suffisamment fait l'éloge du prédicateur en disant qu’il eut cette bonne fortune. I] fut tellement goûté que plusieurs des impressions reçues en cette cir- Constance sont encore bien vivantes. M. Perraud n’a été surpassé à ma Connaissance, que par M. Collin, ancien supérieur de Saint-Sulpice.

Contrairement aux us et coutumes, il y eut, à la fin de décembre 1863, une retraite de vocation pour les élèves de philosophie junior et senior. Ce fut une heureuse innovation, qui ne méritait que le reproche d’être un peu tardive. Dans nos Petits Séminaires et nos Collèges, qui ne diffèrent entre eux que par le nom, ces retraites spé-

ciales s'imposent. Que de vocations elles sont de nature à faire échapper au naufrage |! Cette retraite qui, depuis 1863, est régulièrement donnée tous les ans, fut prêchée par le supérieur, M. Taschereau. On se rappelle qu’il n’était pas orateur, mais il excellait dans la Causerie familière.

Si les automédons du Séminaire ne sont pas fous également rompus au métier, du moins, ils se distinguent généralement par leur prudence. Les recommandations, en tous cas, ne leur font pas défaut. Mais ils ont beau être attentifs, tenir impartialement les guides, le coursier n’en conserve pas moins la liberté de prendre le mors aux dents. M. Stremier en fit l'expérience à ses dépens en février 1864. Le Bucéphale attelé à la carriole prit peur, et son Passager, au lieu d’attendre sans bouger, sauta de voiture, roula sur la glace et se fractura un bras. Il en fut quitte pour le porter en écharpe quelques semaines.

D'ailleurs, il ne lui aurait servi de rien de gourmander le cocher, car un ancien domestique du Séminaire m’avouait naïvement que, de son temps, les cochers avaient reçu instruction du procureur de faire les sourds-muets, si les prétres qu'ils conduisaient tentaient d’empiéter sur leurs attributions. Le degré de vitesse, nous

disait-il, était exclusivement notre affaire, et dans ce domaine nous avions tous les droits du charbonnier.

La mésaventure de M. Stremler me remet en mémoire la Catastrophe qui eut lieu le mois Suivant, au pied de la rue d'Auteuil, à qu:iques Pas de la porte St-Jean. Il y avait B une baraque en pierre, contenant un certain nombre de barils de Poudre, qui, par suite de l’imprudence des travailleurs, firent explosion vers IL.I5 h. de l’avant-midi. Elle s’écroula comme un chàäteau de cartes, ensevelissant sous ses ruines une dizaine d'ouvriers dont les corps furent littéralement émiettés. Québec tout entier fut rudement secoué, surtout le quartier situé dans la z6ne du théâtre de l'accident, Cet édicule était voisin de plusieurs Magasinets à poudre, reliés aux casernes de l’ancienne porte du Palais. Il n'est pas malaisé de s'imaginer ce qui serait advenu s'ils avaient au même instant fait explosion. Il ya longtemps que Québec aurait sauté si la Providence ne veillait, jours et nuits, sur ses pou.

drières, à défaut parfois de ceux qui en ont la garde.

Ce tremblement de terre artificiel fut suivi— sur la fin d’avril—d'une secousse sismique bien

caractérisée. Elle ne dura que deux ou trois secondes, et n'eut d’autre conséquence que de nous faire légèrement frissonner et de vider la salle d'étude où nous étions eh ce moment, à 1.20 h. de l'après-midi. Les philosophes, en vertu de leur droit d’ainesse ionnèrent l'exemple du sang-froid en se précipitant vers la porte de sortie, et les plus jeunes les imitèrent tout naturellement.

La Société Laval avait repris ses séances habituelles depuis le commencement de l'hiver. Ses crises étaient fréquentes, il est vrai, mais jamais mortelles. Cette fois, elle mit dans les deux plateaux de la balance: Pierre le Grand et Frédéric, et passa la saison à Jes soupeser. La discussion fut vive, trop vive parfois. Le président Lajeunesse, Populaire pourtant et respecté, multi- Pliait les rappels à l'ordre, et dut, à deux reprises, suspendre les séances.

Ces discussions sont un excellent apprentissage de l’art oratoire, Elles domptent la timidit:, habituent à improviser la Phraséologie, et forcent d'étudier les matières traitées. Mais elles seraient beaucoup plus Pratiques, si le directeur de la Société, après avoir sommairement reconstitué le cadre qui a servi de Champ clos aux

discutants, appréciait le mode, le ton de la dis- Cussion, et montrait en quoi elle a été défectueuse ou digne de louanges.

La Société Laval venait à peine de s'ajourner à l’automne Suivant, qu’une assemblée plénière des pensionnaires fut convoquée à la première salle. L'existence du bataillon était en péril : l'enthousiasme des Premières années s'était refroidi, la ponctualité aux exercices s'était relàchée, la bonne volonté, en général, n’était plus la même. C’est pourquoi il fut résolu de soumettre au vote des intéressés la question de vie ou de mort du bataillon. Vidal, Lajeunesse, Decelles, Tanguay, montèrent successivement à la tribune, réveillèrent de leur mieux l’ancien esprit Militaire de leurs confrères, et plaidèrent habilement. La cause était évidemment gagnée, lorsque Papineau, dans l'intention d’enfoncer le clou davantage, harangua à son tour le peuple écolier. Il fut maladroit et faillit tout compromettre. Au lieu d’argumenter à Peu près comme ceux qui l'avaient précédé à Ja tribune, il fut personnel, persiffla le groupe de ceux qui, disait-il « préféraient le maniement de l’encensoir à celui de la carabine, la fumée de: l’encens à l'odeur de la

Poudre, » Il oubliait qu’il s'agissait d’une ques-

tion libre, et que si le sarcasme amuse, il convertit rarement. L'assemblée sut Cependant distinguer entre le plaidoyer et le mérite de la cause, puisqu’elle vota à une grande majorité je maintien du bataillon créé au commencement de l’année 1862. Nous eûmes le Plaisir, en mai 1864, d'entendre { prêcher M. Quertier, ancien curé de Saint-Denis, Kamoura:i2, 1] c''ébra la messe de communaue mai et nous adressa, après le dernier Evangile, une allocution de trente mi- | nutes. Il voulut bien aussi prêcher, le soir, la clôture du mois de Marie, qui fut très solennelle. Non content de cela, M. Quertier, en souvenir de son Passage au Petit Séminaire de Québec,

e de la tempérance, à la chevelure abondante et blanche comme neige, k était encore un Orateur remarquable, nialgré ses soixante-huit ans.1

A partir de ce moment, les préoccupations de l'examen final ne furent interrompues que par la

célébration de la fête nationale, Les Organisa- 5 dmtans

I. M. Quertier né as. Denis-sur-Richelien, eu 1796, fit ses études à Nicolet, fut ordonné en 1829, et est décédé àS. Denis, Kamouraska, le 19 juillet 1872.

teurs ambitionnaient de Surpascer leurs devanciers, mais les circonstances ne permirent pas de modifier le programme. Le banquet, présidé par le supérieur du Séminaire, et auquel assistèrent MM. Aug. Beaudry, Chs. Trudel, Michaud, Gingras et J. Catellier, se termina Par une série de discours et de chansons Patriotiques. Léon Vidal parla le premier, et rappela le Suvenir de la mère-patrie, que nous aimions alors, plus qu’aujourd’hui. Jules Taché Chanta le « Drapeau de Carillon.» Mécontent de soi-même, un peu à tort, il s'arrêta net aux premiers mots du second couplet, ferma le chansonnier, et le fit pirouetter comme pour le punir. Kirwin remercia la patrie Canadienne de son accueil à l'élément irlandais, Vincent parla de l'amitié séculaire entre Français et Hurons, et fut suivi par Philippe Landry, qui Prononça un discours chätié De l’aveu de tous, il remporta la palme.

Vincent dont le gosier a été, pendant son cours, exploité sans trève ni merci, chanta un morceau en langue huronne: puis Laflamme, après un laconique et spirituel -boniment, prophète sans s’en douter, nous chanta : « Le Séminaire est ma patrie, » chanson composée par M. Buteau, an-

cien prêtre du Séminaire.

Le supérieur nous adressa quelques conseils, et nous recommanda Surtout de ne pas oublier qu'en servant la Patrie terrestre on se prépare une Piace d'honneur dans ja patrie céleste.

La distribution solennelle des prix eut lieu le 11 juillet, zu bruit du tonnerre et des éclairs. I] plut jusqu’au soir, à boire debout, comme Je jour de la rentrée Le Palmarès fut lu par Papineau et Georges Côté. Après la collation des diplômes universitaires, qui suivit la distribution des prix, une partie de l'auditoire se rendit à la cathédrale pour assister au Te Deum, présidé par le recteur, M. Taschereau.

* Le lendemain, 12 juillet, professeurs et élèves se Séparèrent pour aller prendre un repos bien mérité,

Ur Voir Appendice,

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