PHILOSOPHIE SENIOR
1868.—Notes sur les deux confrères sortis après les mathématiques. — Changements dans le personnel en. sei, aut.—Les régents chaque salle. —Prêtres a. rüé et auxiliaires —M, Baillargé.— M. Hamel, Professeur de physique, d'astronom e, de minéralogie et de gé logie.— Le Dr H. Larue, professeur de Chimie.—M. Brunet, À vnoere md de botanique. —Les lauréats da concours de poésie. — Retraite des cadets prèchée par M. Brunet.— Retraite des aînés préchée par M. Collin.—Restauration du vieux cadran solaire.—Neuvaine de nr nr Copceptios, rêchée par M. Collin.—Centenaire de l'érection de a Congrégation du Petit Séminaire — Retraite de vocation
rêchée par M. Hamel, —Séances ordinaires de la Eociété Laval.— Anniversaire de la naissance de Mgr de Laval. — Une séance extraordinaire de la Société La. val.—Banquet de la Saint-Jean-Baptiste à Maizerets. —Dévoilement du portrait de Pie IX à l'Université. —Distribution des prix.—Palmarès lu par B. De. mers, discours d'adieu par Isidore Beileau.—Collation des diplômes et causerie par le Dr Larue.—Sor. le 10 juillet.
L° cours de philosophie senior comf rend les matières suivantes : physique, chimie, astrono-
mie, minéralogie, géologie et botanique. On peut dire, sans déprécier ces sciences, qu’elles ne sont
Pas aussi indispensables que la philosophie et les
mathématiques ; que plusieurs d’entre elles théorisent plutôt qu’elles ne démontrent, et comptent plus d’hypothèses que de points fixes. Telle, par exemple, la géologie, qui est, pour ainsi dire, un composé à base d’hypothèses ; encore impuissante à expliquer autrement les secousses sismiques, anciennes cependant comme la vie, Sans être aussi touffue en hypothèses, la physique, elle aussi, serait muette sur une foule de points, si elle était privée de cette suprême ressource. Ainsi, telle théorie, autrefois en vogue, sur la composition du noyau solaire et de sa photosphère, est aujourd’hui supplantée Par une autre qui aura peutêtre le même sort. Les mots ne manquent pas à cette science pour baptiser les Phénomènes qui se produisent dans son immense empire, pour classer les découvertes dont elle s'enrichit tous les jours. Leur ensemble constitue la langue particulière de cette science. Ces termes techniques sont généralement bien appropriés, et remplissent parfaitement le rôle pour lequel ils ont été créés; mais ils sont purement conventionnels. Je ne citerai qu’un exemple. Le terme électricité fait depuis longtemps partie du vocabulaire scientifique; on l'emploie couramment pour désigner cette puissance en frais de révolutionner
le monde; Personne cependant ne sait la nature de cet agent. On Pourrait mentionner une foule de cas analogues, prouvant que ces sciences auraient tort de manquer d’humilité, de prétendre remplacer un jour la morale et la religion. Elles auront beau progresser et clamer à tous les vents qu’elles sont omniscientes, l'écho leur répondra invariablement Par cette parole des Sage:. « Nous nc savons Pas, nous ignorons et nous ignorerons toujours et le monde et nousmêmes. » Mais nier leur importance et leur utilité serait pure démence. Sans être aussi indispensables que les deux premières, elles en sont le Complément naturel. Si ce complément fait défaut ; si l’on ne possède au moins les notions fondamentales de ces matières, on n’a en réalité qu’un demi-commencement de culture scientifique. Hésiter à faire le dernier Pas lorsqu'on est Presque rendu au terme de son Pélerinage, est mal comprendre ses intérêts. Ceux à qui la persévérance finale fait défaut se flattent ordinairement de combier plus tard cette lacune. Ils s’il. lusionnent Presque toujours. Les circonstances ou les nécessités de la vie ne le leur permettront Pas. D'ailleurs, ils sont rares les cerveaux assez souples, assez Puissants, pour se meubler seuls
d’un groupe de sciences qui parlent, chacune, un idiome dont ils ignorent l’alphabet.
Je puis dire à la louange des finissants de 1868, qu'ils tenaient à terminer leur cours. La preuve, c’est que, le 2 septembre 1867, jour de la rentrée, le bataillon de phiosophie junior se retrouvait presque intact. Sauf trois variantes, la liste des élèves de philosophie senior, pour 1867-1868, est identique à celle de l’année précédente. Rappelons, une dernière fois, les noms des braves restés au poste jusqu'à la dernière heure: Beaulieu, Notre-Dame de Lévis; Belleau, Deschambault; Blouin, St-Jean, ile d'Orléans F: Carrier, Notre-Dame de Lévis; Casault, St-Thomas: Cimon,' Malbaie; Darveau, St-Ambroise :
Desrochers, Saint-Nicolas; Déziel, Ste-Mélanie, comté de Joliette; Fortier, St-Anselme ; Fraser, Notre-Dame de Lévis; Gosselin, St-Laurent, ile d'Orléans ; Guay, Saint-Romuald ; Guénard, Notre-Dame de Lévis; Huot, L'Ange-Gardien ; Labrecque, St-Laurent, île d'Orléans; Ladrière, Notre-Dame .de Lévis; Laflamme, St-Anselme :
Laliberté, Lotbinière; Lemieux, St-Anselme; Pa-
1. Il termina son cours avec no1s, mais comme élève de la Faculté des arts. L'internat n’était pas son idéal.
quet, St-Nicolas ; Sexton, St-N icolas; Tanguay, St-Valier.:
Deux confrères seulement, Marmette et Vaillancourt, avaient Succombé à la tentation de nous quitter au moment où nous allions aborder au rivage. Nous en fûmes d’autant plus surpris que le capot d‘écolier semblait leur être léger, et qu’ils
1. Tes septièmes qui commençaient leur pélerinage classique la même année que nous le finissions étaient : F.-X, Audy, Québec ; Jos. Bergeron, St-Antoine de Tilly ; Edmond Blouin, Edmond Bussière, Jos. Bouchard, Achil. le Caron, Arthur Caron, Emile Caron, Louis Carpentier, Philippe Carrier, Jos. Casgrain, Jean Caouette, Alfred Cloutier, Omer Côté, Philées Delisle, Ferdinand Dompierre, Souverain Dompierre, Jules Dorion, Bruneau Drolet, Hugène Drolet, Philippe Dupuis, Thomas Fahey, Québec ; Moïse Fiset, St-Augustin 3 Frs. Gauthier, Nar. cisse Gauvreau, Québec ; Samuel Gendron, Beauport ; Jean Gosselin, St Laurent, île d'Orléans ; Jos. Guignard, Samuel Gravel, Aug. Hamel, René Labbé, Philippe Laprise, Québec ; Alphonse Larue, Somerset ; Victor Leclerc, Victor Lefebvre, Québec ; Louis Lizotte, St-Roch des Aulnuies ; Charles M arcotte, Jos.-Wil. Marcoux, Chs.- Eus. Martel, Québec ; Thomas Marceau, St-Henri de Lauzon ; Ls, Martineau, Olivier Moisan, Ed. Morin, Québec ; Cyrille Noël, St-Michel ; Alphonse Normand, Québec ; David Pampalon, N.-D. de Lévis ; C.-Eug. Pouliot, Rivière-du-Loup ; Jos. Robitaille, Pierre Rochon, Jos. Roy, Québec ; Jos. Roy, St-Charles ; Jules Rouillard, Québec ; Francis Sarault, St-Cyprien, Montréal ; J.-Bte, Savard, Alphonse Soucy, Jos.-Arthur Saint-Pierre, Edmond et Joseph Sylvain, Alph. Trudel, Québec ; William Verge, Carleton ; Les. Vézina, Québec.
persévéraient depuis la septième inclusivement, sans avoir jamais laissé percer la moindre lassitude. Ils ont fait route avec nous si longtemps que, pratiquement, ils ont toujours compté parmi les finissants de 1868. C’est pourquoi leurs noms figurent sur la liste des invités à chacun de nos conventums.
Marmette est depuis 1873, le pharmacien à la mode de la haute ville de Lévis. L'itinéraire qu'il s'était tracé en 1867, il l’a suivi sans dévier d’une ligne. « Je vais étudier la pharmacie, disait-il ; une fois admis à la pratique. j'irai m'installer sur le sommet des falaises de Lévis ; puis, je me rappellerai la parole de la Sainte Ecriture: « Il n'est pas bon que l’homme soit seul.» Tous ces projets sont réalisés depuis longtemps. Clerc-pharmacien en 1867; pharmacien en 1873; Marmette traversa à Lévis aussitôt qu’il eut son diplôme en poche; monta la Côte du Passage, s’installa 1à où il est encore, et, le 20 juillet 1875, il épousait Mlle Marie-Victoria Pepin. Bien qu'il soit âgé de 64 ans, il desservira Lévis longtemps encore, si les apparences ne sont pas trompeuses.!
Vaillancourt, plus jeune que Marmette, n’avait