‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 113 sur 505 · Lettre du 12 juin 17M. Éd. Cousin, p · texte numérisé non relu

Lettre du 12 juin 17M. Éd. Cousin, p

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Sj)inoza s'égare : « il confond l'idée de l'étendue avec le monde ' », c'est-à-dire que prenant « les idées des corps pour les corps » et supposant « qu'on les voit en eux-mêmes... il confond Dieu ou la souveraine Raison, qui renferme les idées (jui éclairent nos esprits, avec l'ouvrage que les idées représentent- ».

Le début du VI" des Entretiens sur la Mélaphijsique remonte au principe de cette confusion : il distingue radicalement deux ordres de sciences : « les sciences exactes, telles que sont l'arithmétique et la géométrie... et d'un autre côté la physique, la morale et les autres sciences qui dépendent souvent d'expériences et de phénomènes assez incertains ». Les premières, « dont les démonstrations contentent admirablement notre vaine curiosité », n'atteignent que « les rapports des idées entre elles », tandis (jue nous nous engageons dans les autres par « le désir de connaître... les rapports qu'ont entre eux et avec nous les ouvrages de Dieu parmi lesquels nous vivons ».

Dès lors, s'il n'y a qu'une idée unique de l'étendue, elle comporte une double relation à l'affirmation du réel. A Vidée correspond une réalité intelligible, ou plus exactement l'idée est celte réalité intelligible. De l'argumentation, maintes fois reproduite par Malebranche, VEntretien cViin philosophe chrétien avec un philosophe chinois présente cette formule particulièrement saisissante : « Rien de fini ne contenant l'infini, de cela seul que nous apercevons l'infini, il faut qu'il soit ^ » Ce qui atteste la réalité de l'étendue intelligible, c'est donc sa disproportion à l'état dont nous avons conscience lorsque nous contemplons les rapports idéaux de grandeur et de distance. Mais lorsque nous percevons cette même étendue à l'aide d'impressions sensibles, sous la forme concrète de la couleur, de la saveur ou de la résistance, nous sommes en présence de modifications qui trouvent naturellement leur place dans le cadre de l'activité humaine; nous ne pouvons plus voir en elles que des modalités de l'âme, et il faudrait que les représentations fussent autre chose pour acquérir quelque valeur de vérité. Considérée comme intelligible, l'idée de l'étendue se détache nécessairement de son support psychologique, et d'elle-même elle pose son éternelle réalité. Considérée comme sensible, elle est au contraire enfermée dans la subjectivité du psychique, et elle requiert l'existence d'un ideatum extérieur comme une exi-

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