‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 114 sur 505 · Cf. Entretiens sur la Métaphysique, II · texte numérisé non relu

Cf. Entretiens sur la Métaphysique, II

gence à laquelle en même temps elle est incapable de satisfaire : « L'idée de l'étendue est infinie, écrit Malebranche a Dortous de Mairan ; mais son ideatum ne Test peut-être pas. Peut-être n'y a-l-il actuellement aucun ideatum. Je ne vois immédiatement que l'idée, et non ïideatum : et je suis persuadé que l'idée a été une éternité sans ideatum. L'idée est éternelle, infinie, nécessaire et efficace même, car il n'y a que l'idée qui agisse sur les esprits, qui les éclaire et qui puisse les rendre heureux ou malheureux. Mais je ne vois point immédiatement l'ic/ea/am '. » i Chacune de ces deux façons d'envisager le rapport de l'idée au réel peut servir à définir une forme de Y idéalisme : idéalisme absolu où l'idée constitue la réalité par excellence, et dont Malebranche recueille l'inspiration platonicienne à travers Saint- Augustin ; idéalisme sceptique où la présence de l'idée exclut l'existence de l'objet en tant qu'extérieur à l'idée, et qui ferait de Malebranche le précurseur de Berkeley ou de Hume. La tentation est donc grande de faire entrer la pensée de Malebranche dans le courant de la philosophie idéaliste. Mais précisément, et de quelque manière qu'on interprète l'idéalisme, on ne peut enfermer le malebranchisme dans cette interprétation parce qu'il faudrait y joindre l'interprétation opposée. L'originalité de Malebranche est d'avoir aperçu que partant des conditions de la connaissance humaine on arrivait à deux formes d'idéalisme : idéalisme de la science exacte, idéalisme de l'impression subjective, d'en avoir aperçu l'incompatibilité naturelle, et de les avoir conciliées en les suspendant à une notion réaliste de Dieu -.

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