‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 122 sur 505 · Éth. IV, 39, Schol. I, 218; tr. Appuhn., p · texte numérisé non relu

Éth. IV, 39, Schol. I, 218; tr. Appuhn., p

Li; PASSAGi; Ul" MKCAMSMi; Al MATIlliMATISME 14!;

fondemeul de l'èlrc dans louL ce qui est, cl dont il appartient au sage dapprofondir le sentimeni, de conquérir la jouissance inlellecluelle '.

Le corps — qui pour riniaginalion sensible est un individu distinct et indépendant de tout aulrc individu — qui pour la science aijslraile, pour le mécanisme, est un cas singulier de la loi qui régit en généial les relations du mouvement — est dans sa réalité une « essence intelligible », l'ondée dans le système total des « essences intelligibles- ».

92. — De ce point de vue, les paradoxes auxquels la philosophie de la nature s'est heurtée jusque-là, peuvent être éliminés. La ligne n'est pas composée de points; la durée n'est pas composée d'éléments tenij)orels; l'eau elle-même, prise dans sa substance, n'est pas composée de particules qui se forment et se dissolvent '. L'unité de la ligne est dans le mouvement intellectuel qui rcngendre tout entière par sa définition même; l'unité delà durée dans la « tendance à persévérer dans l'être » qui est l'essence de chaque chose, parce qu'elle est la marque de sa participation à la vie éternelle de l'Être unique ''^; l'unité de l'eau enfin dans la loi unique et universelle qui rend la matière indivisible' el fait du déplacement de chaque particule la conséquence nécessaire des mouvements de l'ensemble.

On voit à quel point, trompés par le mot de substance, les critiques de VÉihique depuis Bayle jusqu'à Renouvier ont égaré leurs coups sur une caricature du spinozisme. Ce qui condamne le substanlialisme vulgaire à n'être qu'une philosophie de l'imagination, ce n'est pas la notion de substance en tant que telle, c'est l'affirmation à' nwQ pluralité àe substances. Comment concevoir une pluralité sans imaginer derrière chaque série de phénomènes un substrat invisible, autour de chaque groupe fini une clôture infranchissable, enfin entre ces diverses réalités un lieu de contact et un mode de communication? De toutes ces imaginations la mathématique nouvelle alïranchit la philosophie, elle constitue la science de l'univers par le libre jeu de l'aclivilé intellectuelle; elle fait correspondre à l'idée

1. Élh. V, 23, Schol., I, 266 et suiv. : Ir. Appulin., p. 628.

2. Éth. Y, 22, I, 266; tr. Appulin., p. G2ô. Cf. Spinoza et ses contemporains. Revue de Métapliy.-iique, 1906, p. 40.

.3. Éth. I, 1."), .S'c/i. et LcUrc XII (2U) {loc. cit.'.

4. Lettre XII (2l}) et Éth. III. 8, I, 132; tr. Appuhn., p. 271.

.5. Éth. I, lo, Sch., I, 53 « iiiateria ubique eadeni est, aec partes in eadem i distinguunlur, nisi quatenus materiain diversimode affectam esse concipiinus; ; unde ejus partes modaliter tantum distinguuutur non autem realiter ». Cf. Lettre ÎV, à IL Oldenburg; II, 11,

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simple la définition première, qui est un point de départ pour une synthèse nouvelle, d'où dérive un système plus étendu de définitions, jusqu'à ce que le tout de la réalité puisse être ramené à l'unité '. La juxtaposition des êtres matériels à travers les différentes parties de l'espace, qui servait de base au mécanisme, se résout donc dans l'intuition du malhématisme, c'est-àdire, dans leur connexion intime au sein d'une étendue indivivisible qui est l'essence intelligible, Valtribul, de la substance divine.

Par la substance de Spinoza il ne faudra donc rien entendre d'autre que la réalité même, prise dans son intégralité et dans son unité. L'unité de la substance garantit que nul obstacle ni dans la nature des choses ni dans la nature de l'esprit ne surgira pour arrêter l'essor delà science intellectuelle. L'univers tout entier est intérieur à chaque intelligence; chaque intelligence porte en elle, comme la loi constitutive de son activité, le principe de l'adéquation entre l'idée et Y idéal \ il suffit de réfléchir sur la vérité même de la connaissance pour apercevoir que la fécondité de la méthode s'étend à l'infini, que l'homme est capable de se joindre du dedans à la totalité de la nature, à l'unité de Dieu. Le mathématisme intellectuel de Spinoza conduit à ce résultat que V Éthique s'achève avec l'affirmation absolue de la liberté.

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