Up. cit., p
cavent ne aut materise quidpiam inlermisceant... aut admittanl continuLim ex indivisibilibus quasi ex quibusdam partibus numéro finilis componi'. » Dans les notes de son article sur Zenon de Sidon, Bayle relève Y « observation ingénieuse » de Gassendi, et l'exemple qu'il a donné « de la vanité des prétendues démonstrations des mathématiciens », pour en faire un des points d'appui de son scepticisme mathématique. Il y joint de longs extraits de la lettre contre la Géométrie des indivisibles, adressée par le chevalier de Méré à Biaise Pascal.
L'article de Bayle, les autorités qu'il invoque, déterminent le caractère de la crise que le calcul des indivisibles ouvre dans la pensée du xvii^ siècle, et dont Pascal a été le théoricien. 11 ne s'agit pas de prendre parti pour ou contre la raison; c'est, au contraire, après qu"'on a rejeté l'idéal scolastique de déduction universelle, après qu'on a montré l'impuissance de l'homme à réaliser l'idéal de la méthode parfaite où toutes les notions seraient définies, où tous les principes seraient démontrés, que Ton se heurte, sur le terrain même que l'on a choisi, au mépris et à l'ironie de 1' « esprit fort ». Voici l'accueil que Méré fait aux idées de Pascal sur Vinfini de petitesse : « Ce que vous m'en écrivez me paraît encore plus éloigné du bon sens que tout ce que vous m'en dîtes dans notre dispute... Je vous apprends que, dès qu'il entre tant soit peu d'infini dans une question, elle devient inexplicable, parce que l'esprit se trouble et se confond. De sorte qu'on en trouve mieux la vérité par le sentiment naturel que par vos démonstrations-. » Or, selon Méré, plus atomiste que Gassendi lui-même, le sentiment naturel n'accorde aucune place à l'abstraction mathématique distincte de la réalité physique. Pascal ne commence-t-il pas par reconnaître que « quelque petit que soit un espace, on peut encore en considérer un moindre, et toujours à l'infini, sans jamais arriver à un indivisible qui n"'ait plus aucune étendue^ »? Dès lors, si le géomètre pose, comme élément de son calcul, un indivisible, il n'a pas le droit de le traiter comme un minimum, à plus forte raison comme un néant d'existence. Le bon sens de Méré rejettera donc tout ce qui dans le calcul des indivisibles est en opposition, soit avec les règles ordinaires de l'arithmétique,^ par exemple cette proposition qu' « un indivisible multiplié autant de fois qu'on voudra est si éloigné de pouvoir surpasser