Éd. cit., p
ces valeurs approchées les unes avec les autres, à s'arranger de telle manière que les erreurs dues à Tapproximation se neutralisent. Berkeley partage ainsi — avec Leibniz qui avait cru devoir proposer une théorie de ce genre dans une lettre destinée à présenter l'analyse infinitésimale sous une forme accessible au vulgaire* — l'honneur d'avoir formulé la théorie des erreurs compensées, que Garnot devait découvrir à nouveau et rendre populaire en 1797 dans ses Réflexions sur la métaphysique du calcul infinitésimal. Quelle qu'en fût la faiblesse philosophique, l'ouvrage de Garnot eut du moins l'avantage de mettre fin aux discussions théoriques sur le fondement de calcul infinitésimal, qui encombrèrent le xviii" siècle. Il justifie rétrospectivement, en même temps que l'exposé populaire de Leibniz, l'attitude « pragmatique » que Berkeley avait adoptée; il met en lumière la pénétration à laquelle Berkeley avait atteint dans l'expression de la philosophie empiriste.
1. Voir en particulier la lettre à Varignon, publiée en 1702 dans le Journal des Savants, (supra, § 101), qui a provoqué les observations sévères de Comte. Cours, t. I, 1830 p. 242.