G, IV. \U
2. Cf. Tentainen de motuum cœleslium causis, 1089 : « Nec... mirum est quod voluit Galilœus, percussioncm esso infinitani comparatione gravitatis nudœ, seu, ut ego loquor, simplicis conatus, cujus vini ego mortuam vocare soloo, quee agendo demum coacipiens impetum repetitis impressionibus viva redditur. » M. VI, 33.
3. G, II, lo6 « Ut ita secundum analogiam geometriœ sou analysis aostrœ sollicilationes sint ut dx, celeritatcs, ut x, vires ut xx seu ut fxdx ». Cf. Tentamende motaain Cœleslium causis. « Et inflniti sunt gradu.s taminlinitorum, quam infinité parvorum. Et possunt adhiberi triangula communia inassignabilibus illis similia, (juœ in Tangentibus, Maxiniisque et Minimis, et explicanda curvedine linearum usum habent maximum; item in omni pêne translatione Geonietrife ad naturam, nam si motus exponatur per lineam communem, quam dato tcmpore mobile absolvit, impetus seu velocitas exponetur per lineam infinité parvam, et ipsum elementum velocitatis, quale est gravitatis sollicitatio, vel conatus centrifugus, per lineam infinities infinité parvam. » (Act. Erud. t. Lip. 1689, .U. VI. 1.51).
là
reffort intérieur; elle naît sur le terrain de la science, comme un requisit des expériences de Galilée sur la chute des corps ^
Mais cette notion, si elle n'est pas d'origine métaphysique, a, du moins dans la pensée de Leibniz, une portée métaphysique; la conception originale du rapport entre la force totale et la vitesse du mouvement en un point donné, et entre cette vitesse elle-même et Taccélération, sert de prototype au rapport que la substance soutient avec ses accidents.
A cet égard, une remarque de M. Russell sur un passage important de la correspondance avec de Volder fournit une sorte à'experimentum crucis. M. Russell a certes fort bien vu qu'il était essentiel à la philosophie de Leibniz de conférer à la distinction des substances un fondement intrinsèque : deux substances dont les prédicats seraient les mêmes se confondraient, et c'est la doctrine même de 1' « identité des indiscernables- ». Mais en même temps, comme il enferme la métaphysique de Leibniz dans le cadre de la logique scolastique, il veut y trouver l'affirmation opposée, que les substances ne sauraient se ramener à la somme de leurs prédicats ; et il cite à l'appui ce texte, tiré d'une lettre à de Volder du 21 janvier 1704 : « Substantiœ non tota sunt quse contineant partes formaliter, sed res totales qu» partiales continent eminenter^. «
Et en effet, il faudrait bien admettre que le philosophe s'est grossièrement contredit sur la conception fondamentale de la substance... si le rapport de sujet à prédicat ne pouvait être interprété que suivant le modèle de la logique aristotélicienne. Dans cette logique, en effet, il n'y a pas de milieu : du moment que le tout n'est pas formellement la somme de ses parties, il est ontologiquement autre que ses parties ; derrière les attributs, il y a un substratiim, un suppôt qui est, par rapport à ces attributs, une réalité métaphysiquement transcendante. Mais la conclusion ne vaut plus si la logique leibnizienne est d'un type que ni Aristote ni Descartes n'ont connu, du type infinitésimal. Alors le rapport d'ëminence, ou de transcendance mathématique, entre le tout et les parties n'est pas incompatible avec une doctrine d'immanence métaphysique. Une série infinie, une chose totale est plus que chacun des termes successifs ou qu'une quantité déterminée de termes ; ce qui ne veut pas dire qu'elle doive en soi être autre chose. La substance pourrait être alors
1. Voir en particulier Gouturat, Sur la Métaphysique de Leibniz, Revue de Métaphysique, janvier 1902, p. 20.