‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 185 sur 505 · LA SUBSTANCE · texte numérisé non relu

LA SUBSTANCE

la loi uiii((iio (lonl tlérivo l;i nmlliplicih' clos prédicats, cl c'est ce que L(nl)niz altirnio cxpiesst'-iucnL clans celle même lellre à de Volder où M. lUissell croyait le saisir en llagrant délit de contradiction avec la doctrine de Videnlite des indiscernables : « Legem quamdam esse persislcntcm quîc involvat i'uturos ejus quod ut idem concipimus status, id ipsum est quod substantiam eamdem conslituere dico'. »

129. — Lï'volution de pensée qui devait conduire Leibniz à sa notion définitiAC de la substance, a pour pivot la conception technique du calcul infinitésimal. Dans sa première philosophie, Leibniz s'appuie directement sur les indivisibles de Cavalieri; ces indivisibles ne sauraient être dans l'espace; l'idée d'un minimum étendu implique contradiction : « Ce à quoi ne peut être enlevée aucune parcelle d'étendue, est inétendu; donc le commencement du corps, de l'espace, du mouvement, du temps (c'est-à-dire le point, lelïort ou conalus, l'instant) ou est nul, ce qui est absurde, ou est inétendu, ce qu'il fallait démontrer-. » Or ce point et cet effort, éléments d'ordre infinitésimal par rapport à l'espace et au mouvement ■', sont aussi des éléments spirituels : « Il y a bien des années, écrit Leibniz en 1709, lorsque ma philosophie n'était pas encore parvenue à sa maturité, je logeais les Âmes dans des points ^. »

Mais dans la philosophie ultérieure de Leibniz on ne va pas de l'unité à l'infini, on ne compose pas à l'aide du point ou de l'effort indivisible l'espace ou le mouvement; au contraire, c'est de l'espace et du mouvement, tels qu'ils sont donnés, que part le processus de divisibilité, sans jamais aboutir à une résolution complète-'. Le o août 1713 Leibniz écrit ces lignes bien significatives : « Quand j'ai dit que l'unité n'est plus l'ésoluble, j'entends qu'elle ne saurait avoir des parties dont la notion soit plus simple qu'elle. L'unité est divisible, mais elle n'est pas résoluble; car les fractions qui sont les parties de l'unité, ont des notions moins simples parce que les nombres entiers (moins

i. G, II, 264.

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