LA MONADE
130. — L'application directe du calcul infinitésimal a permis de pénétrer la nature de la substance ; l'analogie du calcul infinitésimal va fournir le moyen de suivre le progrès et la diversité des formes de la substance, de passer de la monade-matière à la monade-vie et à la monade-esprit.
Suivant une pensée que Leibniz rapporte lui-même aux conceptions de sa première jeunesse ^ une âme ou un esprit « ne garde pas seulement sa direction, comme fait l'atome, mais encore la loi des changements de direction ou la loi des courbures, ce que l'atome n'est point capable de faire ». Par cette remarque se résolvent les cas qui au premier abord paraîtraient mettre en échec la loi de continuité : « Comme dans une ligne de géométrie, il y a certains points distingués, qu'on appelle sommets, points d'inflexion, points de rebroussement ou autrement, et comme il y a des lignes qui en ont d'une infinité, c'est ainsi qu'il faut concevoir dans la vie d'un animal ou d'une personne