G, vil
2. Discours de mélaphysique, XIV; G, IV, 439. Éd. Lcstienne, p. 49.
3. « Naturellement rien ne nous entre dans l'esprit par le dehors, et c'est une mauvaise habitude que nous avons de penser comme si notre âme recevait quelques espèces messagères, et comme si elle avait des portes et des fenêtres. » Ibid., XXVI. G, IV, 4.51. Éd. Lestienne, p. 73.
4. Lettre à Véleclnce Sophie du 31 octobre 1705. G, VII, 567. Cf. Lettre à la reine Sophie-Charlotte, du 8 mai 1704, G, III, 347.
LK REALISME SPATIAL 235
runivors; voici maint(înant que les divers points de vue des diverses monades sont donnés simultanément; il existe un lieu lies poinls de vue, un ordre spatial, mais auquel cette fois les monades sont relatives, et (pii ac(iuiert la valeur métaphysique d'un absolu : « Chaque âme est un monde en raccourci, représentant les choses du' dehors selon son point de vue, et confusément ou distinctement selon les or^^anes qui l'accompagnent, au lieu que Dieu renferme tout distinctement et éminemment-. »
138. — Sans doute, comme l'a suggéré M. Russell, dont les critiques acérées portent ici à pleine faut-il voir dans cette doctrine un résidu de la première philosophie de Leibniz où la liaison de l'âme et du lieu s'opère grâce au moyen terme du point indivisible et inétendu. Leibniz ne se serait pas aperçu qu'il réintroduisait effectivement la réalité de l'espace dans une philosophie qui en avait proclamé l'idéalité, parce qu'il ne s'agissait pas Jà pour lui d'une opération positive: il n'avait pas à démontrer la réalité objective de l'espace, lieu géométrique des points de vue de chaque monade; mais simplement il ne poussait pas jusqu'au bout la réduction idéaliste des notions spatiales. Il laissait se glisser dans la pénombre, sous la forme adoucie d'une métaphore, cette connexion de Fâme et du point dont il avait aperçu, et dénoncé, l'insuffisance scientifique et le caractère matérialiste : ^ Les points physiques, écrit-il en 1695, ne sont indivisibles qu'en apparence : les points mathématiques sont exacts, mais ce ne sont que des modalités : il n'y a que les points métaphysiques ou de substance (constitués par les formes ou âmes) qui soient exacts et réels, et sans eux il n'y aurait rien de réel, puisque sans les véritables unités il n'y aurait point de multitude * ».
En tout cas il est inévitable que le problème se pose au cœur du leibnizianisme ; comment traiter ces points métaphysiques sans subordonner, dans les procédés que suggère l'analogie du calcul infinitésimal, l'analyse à la géométrie, le devenir intellectuel à la représentation spatiale? Or, nous l'avons vu, lorsqu'il s'est proposé d'expliquer non plus la substance et la monade, mais la pluralité des substances et des monades, Leibniz emprunte à ses recherches sur les séries infinies, l'idée de correspondance ou d'expression. L'harmonie établie par le Créateur entre les différentes créatures est du même ordre que l'harmonie établie