‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 228 sur 505 · A. 141, AKB, IV, 101, Ba, I, 202 et TP · texte numérisé non relu

A. 141, AKB, IV, 101, Ba, I, 202 et TP

importait de montrer qu'ils ne comportent pas de solution positive, afin de tirer de cette impossibilité toutes ses conséquences philosophiques.

Voici en effet la grave difficulté qui est inhérente aux formules de Kant : si le nombre est le schème de la quantité en général, comment concevoir le rapport du fini et du discontinu qui sont les caractères apparents du nombre, avec Vinfini et le continu qui sont les caractères apparents de la quantité?

La question n'est pas traitée pour elle-même dans la Critique; les indications que Ton peut recueillir indirectement témoignent d'une grande incertitude, ou d'une grande indifférence. Tout d'abord, suivant la doctrine de V Esthétique transcendentale, « l'espace », ainsi que le temps d'ailleurs, est représenté comme « une grandeur infinie », et Kant dira même dans la seconde édition, comme « une grandeur infinie donnée ^ » ; les parties de l'espace ou du temps ne constituent pas l'espace ou le temps par leur assemblage; au contraire, elles ne peuvent être conçues qu'en lui. Mais si ces formes sont toutes prêtes dans l'esprit, pour recevoir ou l'expérience qui vient des objets réels ou l'expérience idéale qui constitue le jeu de l'imagination a priori, elles ne sont, prises en elles-mêmes, que des virtualités^.

Dans V Analytique transcendentale cette double virtualité s'actualise à l'aide de synthèses mentales qui forment une série finie de termes discrets : « Je ne puis pas, écrit Kant dans l'exposé des Axiomes de Vintuition, me représenter une ligne, si petite qu'elle soit, sans la tirer par la pensée, c'est-à-dire sans en produire successivement toutes les parties d'un point à un autre, et sans en retracer enfin de la sorte toute l'intuition. Il en est ainsi de toute portion du temps, même deja plus petite^ ». Les quantités extensives que le mathématicien construit a priori dans l'espace et dans le temps, se définissent ici par un caractère contraire au caractère essentiel que VEsthétique transcendentale reconnaissait à l'espace et au temps. « J'appelle quantité extensive celle où la représentation des parties rend possible la

1. A, 2.J, B, 39. AKB, lY. 32, et III, .j3; Ba. I, 79 et TP., 67. Cf. Van Biéma, L'espace et le temps die: Leibniz et chez Kant, 1908, p. 234.

2. « La simple forme do l'intuition sans substance, n'est pas un objet en soi, mais la condition simplement formelle de cet objet (en tant que phénomène), comme l'espace pur et le temps pur, qui sont à la vérité quelque chose comme formes d'intuition, mais qui ne sont pas eux-mêmes des objets d'intuition (ens imaginarium). » Amphibologie des concepts de réflexion, A. 291, AKB, t. IV, 186, Ba, I, 352 et TP., 288.

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