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LF,S MATHÉMATIQUES ET LA MÉTAPHYSIQUE DE LA NATURE

initiale dérive la doctrine des Postulats de la pensée empirique : il n'y a pas de concepts auxqnels le seul (îxamen de leurs [)ropriétés intrinsè(pies [)ernu',tte de conférer la possibilité dans la signification pleine et objective du mot. Le concept du triangle est assurément indépendant de l'expérience; mais une construction formelle ne suffit pas à mettre hors de doute rexistencc de l'ohjet correspondant. Il faut autr(> chose : il faut établir « que l'espace est une condition formelle a priori des expériences externes, que cette synthèse figurante par laquelle nous construisons dans l'imagination un triangle est absolument identique à celle qui s'exerce dans l'appréhension d'un phénomène pour nous en apporter un concept empirique ' ».

Si la considération de Texpérience achève seule de donner toute leur portée aux notions mathématiques , à plus forte raison cette considération sera-t-elle requise pour les concepts d'ordre physique : substances, forces, actions réciproques. On peut imaginer « une substance qui serait constamment présente dans l'espace, sans cependant le remplir (comme cet intermédiaire entre la matière et l'être pensant que quelques-uns ont voulu introduire), ou une faculté particulière qu'aurait notre esprit de voirdé']k l'avenir (etnon pas simplementde le conclure), ou enfin la faculté qu'il aurait d'être en commerce avec d'autres hommes, quelque éloignés qu'ils fussent. » Mais si on n'a point «emprunté à l'expérience même l'exemple de leur liaison )),onn'a pas le droit de dire que ces concepts soient possibles : « Ou leur possibilité doit être connue a posteriori et empiriquement, ou elle ne peut l'être du tout'^. »

La conclusion de l'empirisme est justifiée, sans que pourtant l'emjîirisme ait gain de cause. L'effort original de la Critique a été en etïet de faire voir que la possibilité a posteriori n'est nullement, comme elle doit l'être chez l'empirisme, une possibilité indéterminée qui réserverait l'avenir mystérieux, les apparitions singulières, les créations inattendues. C'est une possibilité qui, destinée à se manifester dans l'espace et dans le temps, est sujette aux conditions de l'intuition dans l'espace et dans le temps. Dès lors, si des liaisons sont imaginées en con-

17G3, ÎI, § 4. AKB, II, p. 79. Cf. Principiorum primoriim cognitionis metaphysicm nova dilucidatio (lloo) sect. III, prop. VII : « Sequitur quod nihil tauquam possibile coacipi possit, nisi, quidquid est ia oinni possibili notioae realo exsistat. » AKB, t. I. p. .395, voir Deîbos, Sur la formation de l'idée des jugements synthétiques a priori chez Kant, L'année philosophique (1909) 1910, p. 18 et suiv.

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