‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 262 sur 505 · Apud Eléments de statique, p · texte numérisé non relu

Apud Eléments de statique, p

2. yoir le texte de Rankine (18G7), cité par Bernard Brunhes, La dégradation de l'énergie, 1908, p. 378, et La diversité de fortune des deux principes de la Thermodynamique, Scientia, 1910, t. VII, p. 7 et suiv.

propriétés de ces diagrammes ^ » La science moderne, ainsi conçue, abandonne comme un « faux idéal » la tentative de réduire à la figure et au mouvement toutes les propriétés des corps. Par là sans doute elle n'entend nullement renoncer à la constitution d'une physique mathématique- : si elle se prive des facilités offertes par la représentation géométrique, c'est pour étendre, là même où les images spatiales ne pourraient plus s'offrir à nous, le rôle des symboles algébriques. Seulement, il est clair que, dans une telle conception, la mécanique cesse d'êtr€ une introduction nécessaire à la connaissance de l'univers, fondée sur les formes a priori de l'esprit ou liée aux faits généraux de la nature; elle est seulement un cas abstrait et particulier d'une physique analytique qui doit être prise dans son ensemble pour avoir toute sa valeur de science.

184. — Le problème que soulève l'opposition de la mécanique énergétique et du mécanisme géométrique n'est pas tranché à l'heure actuelle. Par un de ces renversements du pour au contre, qui semblent essentiels au rythme du progrès humain, voici qu'au lendemain du jour où M. Ostwald célébrait la déroute de Vatomisme contemporain^, d'éclatantes découvertes dans le domaine de l'électro magnétisme conduisaient à chercher la raison des phénomènes physiques, chimiques, gravifiques même, dans la décomposition de la molécule en particules qui seraient chargées d'électricité, soit positive, soit négative. Peut-être le problème ne doit-il pas être définitivement tranché. Il se peut que, suivant les conditions du problème, le physicien utilise tour à tour les ressources du symbole algébrique et de l'intuition géométrique, sans se préoccuper d'une philosophie qui lui imposerait de choisir, en faisant comparaître devant lui comme devant un « tribunal » l'énergétique et le mécanisme.

Mais ce qui dès maintenant peut être considéré comme acquis, c'est que la science ne reviendra pas en arrière. De quelque manière qu'elle conçoive la liaison de la mécanique à la physique, elle débordera les catégories a priori du criticisme comme elle a brisé les cadres prétendus immuables du positivisme.

Certes, il est utile de remarquer que le principe de Carnot- Glausius donne à Vénergétique la physionomie que Kant avait prévue pour la science de la nature lorsqu'il avait lié le principe

Page 1