‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 346 sur 505 · Principia, Sch. générale, éd. 1723, p · texte numérisé non relu

Principia, Sch. générale, éd. 1723, p

rexpression de M. Bloch * ; mais, si elle écarte les postulats extra-] philosophiques que Newton invoquait, elle n'abolira point, tant s'en faut, la distinction scientifique de l'absolu et du relatif; ellel lui restituera simplement sa signification véritable en l'interprétant comme distinction du réel et de Y apparent, plus exactement peut-être du total et du partiel. Le mouvement absolu est celui qui est donné à partir d'un trièdre de référence tel que tous les mouvements de l'univers puissent entrer dans un système unique, c'est-à-dire, d'après les conditions précises que l'expérience nous impose, tel que le principe classique de l'inertie se trouve véiùfié; par sa dépendance à l'égard de ces conditions, le mouvement scientifiquement absolu manifeste sa relativité métaphysique. C'est le résultat le plus précieux de la découverte critique, d'avoir établi la légitimité d'un absolu scientifique sur la relativité fondamentale de la connaissance, et d'avoir, par là, fermé l'ère des discussions stériles.

248. — Malheureusement, par sa profession de foi dogmatique et réaliste, M. Russell se prive de ce qui est le bénéfice de la pensée kantienne. De laffîrmation du mouvement absolu, sans laquelle n'importe quelle hypothèse scientifique pourrait être indifférement substituée à n'importe quelle autre, sans laquelle le système de Copei'nic n'exprimerait pas une vérité supérieure au système de Ptolémée, il se croit obligé de conclure à la nécessité de moments donnés absolument dans le temps, de points donnés absolument dans l'espace ; de telle sorte que les relations temporelles ou spatiales s'établissent entre termes doués d'une existence métaphysique, indépendants du cours du temps ou de l'extension de l'espace.

Or, ces conceptions du temps et de l'espace que l'on présente comme impliquées dans l'objectivité de la science, sont des paradoxes métaphysiques qui font presque l'effet de gageures. En objectivant la vie psychologique de façon à ce que chacun de ses moments devienne une réalité en soi, indépendamment de la conscience qu'on en prend, on dira que le temps est un absolu. Seulement on n'arrive pas ainsi à rejoindre la réalité concrète : au temps qui s'épuiserait en quelque sorte dans l'intuition immédiate de l'être, dans l'actualité du présent, il manque suivant la forte remarque d'Hamelin ce qui est constitutif de la durée elle-même, à savoir la succession -. Toute chose est dans le temps; mais celui-là seul vit le temps, qui dispose

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