Ibid., p. 136, vide supra
3. Vidée d'ordre, etc., Mémoire cité. Bibliothèque du Congrès de Paris, 1900, t. III, p. 261.
Il l'ail l donc renoncera réduire la relation spatiale à la relation logique; elle est une relation />er se, Leibniz lavait reconnu, de raveu de M. Russell lui-nicnie ' : « Ce rapport... est hien hors des sujets; mais... nctant ni substance, ni accident, cela doit être une chose purement idéale, dont la considération ne laisse pas d'être utile -. » Dès lors, la conception de Tordre spatial chez Leibniz n'offrira plus de prise aux contradictions dont on prélendail laccabler; il conviendra seulement, comme nous l'avons déjà montré pour Tordre temporel, qu'on la restreigne à la perspective de l'univers chez une monade, sans chercher l'ordre des perspectives entre les monades. Et Ton pourra de nouveau recueillir le résultat positif delà critique kantienne. Nous l'avons vu en elïet, l'espace n'est pour Kant une forme irrationnelle que dans la mesure où la raison est considérée comme faculté logique, produisant des concepts universels et discursifs; de même on pourra dire que l'espace est un absolu, si Ton entend par là qu'il est irréductible aux relations logiques. Mais ce serait revenir en arrière de la Critique, que de conférer à cet absolu le caractère de transcendance que Newton lui attribuait, en allant lui-même à contresens de sa propre " philosophie expérimentale ».
2o0. — Du moins le Ihéologisme newtonien permettait d'imaginer cet absolu, en le rattachant à l'intuition divine. Le « réalisme analytique » exclut Tintervention d'un esprit humain ou divin. Les points de l'espace devraient être donnés en soi, et les relations spatiales s'établiraient entre eux, de la même façon que les relations logiques qui sont la matière du raisonnement s'établissent entre termes antérieurement donnés. Nous n'avons pas besoin d'insister longuement sur les difficultés insurmontables qu'une telle hypothèse nous paraît entraîner. Poser d'une façon absolue un élément dans l'espace, c'est lui assigner par cette position même une place d'où sont exclus tous les autres éléments de l'espace. L'affirmation spatiale d'un point équivaut à la négation spatiale de tous les points.
Le principe que l'espace est inconditionnellement absolu demande que chaque point existe pour lui-même, sans relation aucune avec quoi que ce soit d'extérieur à lui, épuisant en luimême son pouvoir d'existence absolue; il ne permet pas que Ton passe de ce point absolu à la multiplicité de termes extérieurs les uns aux autres, qui seule serait espace. Inversement, la réalité de l'espace implique la présence simultanée d'une