‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 355 sur 505 · LK RÉSULTAT DF LA CRITIQUE LOGISTIQUE · texte numérisé non relu

LK RÉSULTAT DF LA CRITIQUE LOGISTIQUE

raient d'aulros qui les précédassent; et ainsi il est clair qu'on n'arriverait jamais aux premières ' ».

En raison <Je celte évidence même, il apparaît que l'idéal que Pascal déclare inaccessible à l'humanité depuis le péché, est contradictoire en soi. Or y aurait-il plus grande absurdité que de vouloir, au nom de la logique, imposer à l'homme de réaliser l'impossible?

En fait, Pascal emprunle à V Apologie de Rai/mond de Sebondune arg-umenlation qui avait cours contre la logique de l'École, mais qui ne porte plus contre la science moderne : « Les dialecticiens, disait Descartes, n'ont pas le pouvoir de construire des syllogismes concluant le vrai, s'ils n'en ont pas reçu la matière préalable'. »

Et c'est pourquoi Descaries avait recouru à la mathématique pour former directement le type universel de la vérité sans interposition de l'idéal logique. On doit seulement regretter qu'il n'ait pas poussé jusqu'au bout l'opposition des deux types. Descartes*, Spinoza et Leibniz après lui, ont conservé à titre de procédé d'exposition la méthode synthétique de déduction, telle qu'Aristoteet Euclide l'avaient pratiquée. Ils ont ainsi laissé perpétuer l'équivoque qui devait pendant trois siècles encore peser sur la méthodologie de la mathématique, et qui ne s'évanouit définitivement que par la critique impitoyable à laquelle les logisticiens contemporains ont soumis l'idée de la déduction absolue.

256. — Aujourd'hui nous n'avons plus l'ambition de tout définir. Mais ce n'est pas, comme le voulait Pascal, parce qu' « en poussant les recherches de plus en plus on arrive nécessairement à des mots primitifs qu'on ne peut plus définir ^ » ; c'est parce que nous ne parvenons pas à nous faire une idée claire de la définition. « La notion de définition, écrit M. Russell, n'est pas définissable, et même n'est pas du tout une notion définie *'. »

1. De Vcspril géométrique (vers 1638), Pensées et opuscules, p. 167.

2. G{. Entretien avec M. de Saci, vers 16oo. Montaigne " examine aussi profondément les sciences et la géométrie, dont il montre l'incertitude dans les termes qu'elle ne définit point, comme d'étendue, de mouvement, etc. » Édit. axiomes, et dans les cit., p. 1.54.

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