‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 369 sur 505 · Vide supra · texte numérisé non relu

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2. « Je ne puis vous dire à quels efforts je me suis condamné pour comprendre quelque chose aux épures de la géométrie descriptive que je déteste... Combien sont heureux ceux qui peuvent ne songer qu'à l'analyse! » Lettre à Stieltjes, du 8 mai 1890, Correspondance, t. II, 1905, p. 41.

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iK^lro enleiuloinoiil ol que \v malliéninticipn doit alloindre par une ujélhodc exaclemenl comparable à 1 observation du naturaliste'. Le sentiment du contact immédiat entre la pensée de ranalvstc et son objet supra-sensible est chez lui si fort que d'inslinct il répugne à des découvertes qui, tout en attestant une investigation rigoureuse de laits analytiques, l'ont éclater les cadres du monde harmonieux l'ormé par les réalités mathématiques, qui risquent d'en compromettre l'équilibre ou la pureté. Il écrit dans une lettre familière : « Je me détourne avec eiïroi et horreur de cette plaie lamentable des fonctions continues qui n'ont pas de dérivées-. »

Et de même celui qui avait provoqué ce prétendu scandale, Weierslrass, refuse de laisser la théorie des fonctions, et en particulier la considération des nombres irrationnels, se dissoudre dans le formalisme abstrait d'un Kronecker, pour qui c'est « un axiome qu'il n'y a que des équations entre nombres entiers'' ». Lui aussi, on le voit par ses lettres à Sophie Kovalewski, revendique pour l'analyste la détermination d'un domaine spécifique que le génie comprend dans son intégralité et où il fraye des chemins nouveaux : w Ces vues d'ensemble embrassant tout et dirigées vers ce qu'il y a de plus élevé, vers l'idéal, placent d'une manière éclatante Abel avant Jacobi. « Elles rapprochent le mathématicien du « poète », pour ce qu'elles manifestent d' « imagination créatrice [Phantasie), je devrais plutôt dire, ajoute Weierslrass, d'intuition ^ »

272. — Pour apprécier du point de vue technique la portée de ces déclarations, il n'est pas sans intérêt de remarquer comme elles éclairent et relèvent à nos yeux certaines œuvres du passé. Par exemple, au xvii" siècle, à côté d'un Descartes ou d'un Leibniz qui font dériver d'un système a priori la généralité de leur méthode, des savants comme Biaise Pascal, comme Wallis, comme Fermât surtout, abordent les domaines

i. G. Darboux, La vie et Vœavre d'Hermite, Revue du Mois, 10 janvier 1906, p. 46. — Voir aussi Manuscrits et papiers inédils de Galois, publiés par Jules Tannory, Bulleiin des Sciences mathématiques, 1906, 1" partie, p. 259.

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