‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 381 sur 505 · Matière et mémoire, p · texte numérisé non relu

Matière et mémoire, p

LA VÉRITÉ DR l'kCHANGK UN CONTRE UN 467

(Sconomiquemenl si rudiiiicntaire, est indépendant de la nature des objets échangés; Tabstraction mathématique demeure la même, qu'il s'agisse de sous ou de pommes, de verroteries ou de pièces de drap, de caoutchouc ou de vieux fusils. L'abstraction mathématique va donc en sens inverse de l'abstraction pratique : celle-ci aboutit à ne retenir qu'une seule image pour des objets qualitativement identiques; la fusion mentale des images diverses dans une représentation unique entraînerait une confusion, que l'abstraction mathématique a précisément pour but d'empêcher en attirant l'attention sur ce qui fait que ces objets sont plusieurs.

D'autre part, si les représentations génériques demeurent indilTérentes à cet acte d'échange dont elles sont seulement les conditions matérielles, il ne suppose non plus aucun abstrait, système de numération ou concept distinct des nombres; il ne suppose même pas le concept quantitatif de l'unité. Non seulement la notion de l'unité est liée au système qui permet de dénombrer les entiers ; mais elle est encore la dernière née du système. L'antiquité grecque en général maintenait à l'unité un caractère qualitatif; et on trouve encore sous la plume de Buffon, en 1740, cette affirmation que l'unité n'est point un nombre-.

L'intelligence mathématique, sous la forme initiale où nous la considérons ici, remplirait une zone d'activité dont la limite inférieure est l'abstrait spécifique, dont la limite supérieure serait l'abstrait numérique.

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