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LA PHYSIQUK KT LA BIOLOGIE

sont... ce que la nature nous offre de plus simple; de là la précision, l'exactitude, la facilité relative des mathématiques *. » Mais cette simplicité, cette facilité relative ne sont-elles pas des illusions, venant de ce (pi'on restreint arbitrairement l'horizon de la science, en la bornant aux stades élémentaires de l'arithmétique ou de la géométrie, venant aussi d'une association séculaire entre l'application de la mathématiciue et le mécanisme? On imagine qu'une loi immédiatement susceptible de traduction géométrique ou qu'un principe de conservation indifférent au temps est mathématiquement plus satisfaisant que telle formule d'analyse qui exprimerait une inégalité croissante comme dans le cas de l'entropie. Peut-être les problèmes que pose l'observation de la nature sunt-ils plus complexes que ceux auxquels aurait conduit le développement spontané de la spéculation mathématique; mais la mesure du savoir véritable est dans les solutions elTeclives que le savant est en état de donner. A cet égard, la physique ne saurait être supérieure à la mathématique : la précision de ses résultats est subordonnée au degré de perfection atteint par l'instrument mathématique. Loin donc d'opposer la complexité de la science concrète à la facilité relative de la mathématique, nous pourrions dire que les difficultés soulevées par la mise en équations des phénomènes donnés viennent se concentrer dans la mathématique. La nature met l'esprit à l'épreuve; l'esprit répond par la constitution de la science mathématique.

La physique, réduite à l'intuition immédiate, ne connaît rien, hors les qualités sensibles qui sont la matière de la réalité donnée. La mathématique, ne retenant de ces qualités que leur coïncidence avec tel ou tel point de repère tracé dans l'espace, a décelé l'action du milieu invisible et imperceptible. Déjà l'imagination de la « matière subtile » exprimait un effort pour substituer à la description de propriétés qualitatives un système de relations mathématiques. Avec les actions à distance de Newton, le pas décisif est franchi. L'attraction n'est qu'une métaphore initiale, nécessaire à la position du problème de la mécanique céleste. Ace problème Newton ne donne pas de solution physique, puisqu'il abandonne, non comme étrangère à la science, mais comme au-dessus de ses propres forces, la recherche de la cause de la gravitation. Ce qu'il apporte, c'est une solution mathématique. Il n'a pas à déterminer le véhicule et le mode de transmission de la force attirante; il lui suffit d'appliquer

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