Diels, op. cit., p
6. Th. H. Martin, Études sur le Timée de Platon, t. I, 1841, p. 338.
7. A'.açépî'. ôz<nLM £7CiGrr,SAr| ôpôf,; oocr^:^. Ménon, 98 A.
8. A£(j(jLàiv 5s xâ/,).i5-oç bç âv aÛTOv xa\ -a. Çvivôo'j;j.£va oti [j.â/'.aTa hi TtO'.?,. Timée, 31 G.
D'un mol, également, il importe de rappeler cette constitution singulière de Tâme universelle où viennent se mélanger telles choses que l'essence indivisible et toujours la même, que l'essence corporelle divisible et qui naît toujours, que l'essence mixte qui est formée de la combinaison de ces deux espèces, et à laquelle viennent s'unir également la nature du même et la nature de Vautre. Les nombres exprimant les quantités entrant dans le mélange psychique, correspondent à des progressions géométriques dont les déterminations paraîtraient tout à fait arbitraires si l'on ne retrouvait « dans cette suite de nombres proportionnels aux parties de l'àme la théorie mathématique de la musique d'après Platon ^ ».
33. — Si donc la cosmogonie arilhmélique du Timée comprend les différentes sciences depuis l'astronomie jusqu'à la pathologie générale, si, comme les anciens l'avaient déjà remarqué^, Platon a mathémalisé la nature, on voit dans quels sens divers cette mathématisation est orientée. Elle est assurément, comme elle était dans le pythagorisme, le pressentiment de ce que sera la science moderne; mais elle est autre chose, nous serions tenté de dire : elle est surtout autre chose. Pour un moderne, dire que la science ramène la qualité à la quantité, c'est dire que les lois qui régissent la succession des phénomènes perçus sont réductibles aux lois qui régissent les combinaisons numériques ou géométriques. Un pylhagorisant ou un platonisant ne se préoccupe pas seulement d'identifier des rapports; il veut établir des correspondances terme à terme. Les propriétés d'une essence numérique étant données, ces propriétés se retrouveront dans quelque réalité d'un ordre différent; elles seront découvertes par voie d'analogie, à litre de figuration symbolique.
Or, que les deux tendances soient non seulement divergentes mais contradictoires, c'est ce qui ne pouvait échapper aux auditeurs de celui qui avait fait de l'étude positive de la géométrie une introduction à la réflexion philosophique, qui avait donné dans ses Dialogues dialectiques d'inoubliables modèles de la rigueur et de la précision nécessaires à l'analyse de la pensée. L'introduction de la notion de mythe témoigne que fauteur du Timée avait pleine conscience de l'embarras inextricable où la diversité de ces orientations pouvait jeter la doctrine; et elle