‹ Les étapes de la philosophie mathématiqueChapitre 58 sur 505 · TYPES ELEMENTAIRES DU SYLLOGISME · texte numérisé non relu

TYPES ELEMENTAIRES DU SYLLOGISME

43. — Ainsi conduite, l'analyse inductive permet l'inversion de mouvement qui est tout le secret de la logique aristotélicienne ^. La relation définie dans la conclusion devient le principe d'une synthèse progressive'^; elle constitue en effet une vérité totale qu'il est possible de diviser en une série de vérités particulières, comme le genre se divise en un certain nombre d'espèces. De ce que tous les animaux sans fiel vivent longtemps,

1. I An., II, 23, GS"" 17 : o'ov el Toiv AT [aîtov to B, oià toù V oîica: -h A tôj B {fKiçyzvi -oOto) yàp T:o;oviJ:eOa -ha, èiîXYwyâ;. O'ov ïrs-t.t to A aa/.pô^-.ov, tô 6'e^' w B rb //j)."''|V [ir, £"/ov, èç' (j) ôs V to /.aO' ËxaTTOv ijia/. p6 [î: ov, olov avOptoiTo; -/.«i IV.uo; xs'. r|U.;ovoî. Tw tr^ V o).ti) •J'iiiçi'ft'. tô A-7:âv yàp -n 'i.'/fi'i.vi tiaxp'/Jii'.ov. 'A).).à xa; to B, -rô |j.r, i'/J-'.'i •/o).t)v, TravTi 'j'!zà.o-fi\. X'o T. Eî o-jv âvTt- TTpiïï: TÔ r TM B y.x: {j.r, {iTr-pTcivc'. -ô (ij'ffov, àvi-f'-''"! '^o •'^ "'•> ^ virâp"/'-''''*

2. Ibid., 27. Aeï 5î voîïv to V xô à? àTiâvxw/ toiv xa6' exaTTOv çuyzstfiîvov.

3. Cf. notre étude : Qiia ralione Aristoteles rwlaphysicam vim syllogisino inesse demonsiraverit, 1897.

4. II An.. I, i8-8P 40 : k'^xt ô'r, [xàv àTrôcî'.Ç'.; èx xwv xaOôXo-j, r, S'èTtaywyr, éx X6)v xaxi [Aï'po; -àc Jvaxov ôà xix xa9ô).o'J OîojpriTai [xyi ôt' îTraytoyri;. Cf. Eth. Nie, VI, 3-1 1.39" 28.

je conclus que chacune des espèces d'animaux sans fiel que jo viendrai à considérer vit longtemps, soit Fhomme, soit le cheval, soit le mulet; et cette conclusion possède une vérité intrinsèque qui est inébranlable à tous les arguments sceptiques. Il est detoute impossibilité qu'une partie du genre ne possède pas la propriété qui appartient au genre tout entier. Il arrivera seulement que nous n'ayons pas encore fait le rapprochement des deux propositions qui sont comprises dans le raisonnement; le développement logique aura pour rôle de faire sortir au jour, de réaliser en acte, la vérité qui était en puissance dans l'esprit ^, et de telle manière qu'une fois mise au jour elle s'impose irrésistiblement. L'homme qui refuserait de l'accepter se mettrait en contradiction aA^ec la loi fondamentale de Fintelligence : il renoncerait à exercer sa fonction d'être pensant, il redescendrait de la vie intellectuelle à la vie végétative -. La nécessité avec laquelle la vérité de la conclusion se déduit de la vérité des prémisses est une propriété essentielle du syllogisme aristotélicien •',

44. — Ce n'est pas tout; du moins l'ordre que nous avons suivi dans notre exposition pour rattacher aux premières démarches de la science biologique la genèse de la logique aristotélicienne, nous oblige à ajouter à la première forme du syllogisme une seconde, quoique les deux formes soient confondues par Aristote. Si les espèces de l'homme, du cheval et du mulet sont les éléments d'un groupe générique, chacune des espèces joue naturellement le rôle d'un groupe vis-à-vis des êtres individuels que le progrès de la pensée amène à distinguer, vis-à-vis de tel cheval, de tel mulet. Le raisonnement dont nous venons d'étudier le mécanisme se transporte donc à un degré nouveau de la connaissance. Ainsi nous imaginons cet exemple :

Tous les chevaux sont dépourvus de fiel

Bucéphale est un cheval

Bucéphale est dépourvu de fiel.

L'enchaînement des propositions a le même caractère; la conclusion est impliquée avec la même nécessité. Mais cette fois les mailles du réseau logique descendent jusqu'à l'individu;

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