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LES FONCTIONS D’ASSOCIATION

Le mécanisme associatif

« La pensée est association ».

Préron.

I. L'ORGANE ASSOCIATIF. — « À la naissance, le stock des cellules nerveuses est au moins égal à celui que possède un adulte, et, chez le vieillard le nombre des éléments ne peut être que déficitaire.

« De ce fait, 1l résulte que les acquisitions nouvelles de lenfant et de l’adolescent sont liés non pas à l’augmentation numérique des unités neurologiques, mais à la prolifération de leurs expansion dendritiques et axonales tandis que chez le vieillard l’amoindrissement des capacités physiologiques et psychiques tient tout ensemble à la réduction du nombre des éléments nerveux ainsi qu’à l’atrophie des connexions dont la plénitude du développement avait marqué l'apogée de l’activité physiologique.

€ D'autre part, il convient de ne pas perdre de vue que si la cellule nerveuse elle-même constitue un organisme définitivement fixé et incapable de se multiplier, il n’en est pas de même de ses prolongements dont la capacité de restauration par bourgeonnement apparaît si remarquable et rend compte de la récupération fonctionnelle parfois si impressionnante qui succède aux mutilations du système nerveux ».

Ce texte de LHERMITTE met excellemment en lumière l’importance numérique des éléments connectifs dans l’organe de la pensée. Le développement anatomique des synapses permet d’entrevoir la place fondamentale qu’occupe la fonction d’association dans l’activité psychique. Elle est en effet le mécanisme explicatif de toutes ses productions, qui rend compte de la façon dont s’échaffaudent les constructions de l'esprit, et auquel on doit recourir pour saisir le « comment » de la genèse et le « pourquoi » de la structure des édifices psychiques.

Nous nous trouvons donc en présence d’un organe dont le stock d'éléments cytologiques est constitué dès la naissance, mais dont néanmoins la fonction d’abord muette est appelée à connaître un Jour la plus grande perfection. Si le développement de la pensée n’est pas lié à la multiplication des cellules nerveuses, 1l faut que chacune d’elle voit s’enrichir sa propre action et se multiphier ses effets. La phylogénèse et l’ontogénèse nous donnent l’explication de ce gain dynamique en nous montrant comment, grâce à des connexions de plus en plus nombreuses, la cellule étant sa zône d’influence, intervient dans des territoires de plus en plus lointains, et s’expose en retour à subir des actions dont la multiplicité et la complexité s’accroissent d’une façon parallèle.

IT. Les COMBINAISONS CELLULAIRES. — Sous diverses influences qu’il serait hors de propos d'examiner maintenant, ces interréactions s’effectuent sur un mode électif, et la résultante en est variable. La cellule est le hit d’un (ou plusieurs) élément qui, grâce aux multiples débouchés qui s'ouvrent devant lui, entre dans des combinaisons diverses, comme une même couleur élémentaire dans la composition de teintes secondaires différentes. Ainsi prennent naissance des assemblages caractéristiques, agrégats cellulaires fonctionnels auxquels correspondront des édifices psychiques déterminés. Fait capital, ces combinaisons multiples plus ou moins riches,

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