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apparence, si l’on se souvient des nombreuses modifications sans cause connue que révèle la simple observation chnique, une même synthèse affective puisse tour à tour être appréhendée ou rester totalement insaisissable.
Pour la même raison, chez des malades aussi troublés dans leurs associations et dont les affinités chronaxiques sont aussi instables, on ne peut à la légère parler de la « persistance » de certains sentiments. S'il est des cas où ce terme est légitime, 1l en est d’autres où une manifestation affective ne traduit pas un état sous-jacent permanent, mais seulement une résurrection instantanée et fugitive, que l’avenir peut-être ne connaîtra plus. On entrevoit dès maintenant l'importance pronostique de ce point quand il s’agit d’interpréter les éclats affectifs de la période de réveil.
Déficits associatifs d’allure arbitraire, capricieuse, changeante, tel est donc le premier aspect sous lequel se présentent les troubles affectifs de nos schizophrènes activés par l’action de l'insuline.
Les troubles parasitaires
« Du fait du relâchement des liens associatifs, la pensée se trouve éloignée de l’expérience et se précipite
mec en des voies fausses ».
BLEeuULER
Nous venons d'examiner les effets des ruptures associatives dans le domaine affectif, et de voir comment le schi1zophrène, faute d'utiliser correctement les ressources de l’homme normal, est condamné à n’élaborer que des états psychiques incomplets. Suivant une théorie généralement bien accueillie aujourd’hui, ce vice est fortement aggravé par son contraire, c’est-à-dire l'apparition de contacts parasites comparables à des courts-circuits qui ouvrent à l’influx
= Hps
nerveux des débouchés inhabituels, et des voies de dérivation dans lesquelles il s’égare. Ainsi s’établissent des associations illégitimes et s’exercent des influences indues.
Cette modalité de dysfonctionnement associatif, nous l'avons retrouvée dans nombre d’états affectifs morbides extériorisés par nos malades, visant soit leur structure intime, soit leurs relations avec les éléments intellectuels ou psychomoteurs, et engendrant des troubles qui vont de la simple surcharge des constructions psychiques rencontrées chez le normal, à l'édification de complexes monstrueux, et à la création d’états affectifs absolument nouveaux.
I. — Dans un premier cas, le noyau psychique conserve sa structure essentielle. Ses éléments intellectuels, affecufs, et psychomoteurs sont tels que leur cohésion est normalement escomptée et n’a rien qui surprenne. Mais 1l subit de nombreuses greffes parasites qui l’enrichissent excessivement. Reconnaissable, 1l l’est encore et nous saisissons sans peine le «son fondamental », mais il est noyé dans une foule d’harmeoniques en surnombre qui modifient sa tonalité. Ce trouble est l'inverse de celui que nous avons étudié plus haut, et qui réalise le dépouillement et la simplification schématique de la construction.
L’excès d’apports associatifs semble parfois obéir à une loi. On serait tenté d’y voir une volonté d’embellissement, qui pècherait par manque de goût. L'édifice se surcharge d’ornements architecturaux qui lui font perdre sa netteté de lignes. Cette recherche paraît faire un choix, et par ses retouches imprimer à l’affectivité, suivant les cas, un cachet de préciosité ou de mièvrerie.
Sous l'effet du traitement, La est devenu plus sociable et ne se prête que trop aux rapports avec ses semblables. À tout propos et hors de propos il exprime les sentiments les plus raflinés. Les relations avec lui sont malaisées tant il les encombre de ses inutiles délicatesses. Le moindre incident Jui sert de prétexte aux démons-