‹ Les États Affectifs Supérieurs Chez Les SchizophrènesChapitre 25 sur 38 · PNEUS · texte numérisé non relu

PNEUS

de l'esprit sont sous la dépendance du mécanisme de base que constituent les fonctions d’association, il est aisé de prévoir que les productions psychomotrices présenteront des défauts comparables.

Le noyau psychique compte en effet une composante psycho-motrice, qui est elle-même très complexe. Un concept donné appelle un certain affect, et s’extériorise par une mimique déterminée. Cette combinaison motrice s’est édifiée selon le même mécanisme que les constructions intellectuelles et affectives, et se soumet comme elles au jeu des affinités. La joie, comme le chagrin ou l’étonnement possèdent leurs expressions motrices propres, qui permettent de les reconnaître : canevas génériques sur lesquels viennent se broder les variations individuelles. Celles-ci interviennent au maximum quand il s’agit des états affectifs les plus évolués et les plus originaux, dont l’expression mimique reste souvent mystérieuse pour l’observateur.

Le processus schizophrénique apporte aux conjonctions d’où naissent ces synthèses motrices, des obstacles qui se traduisent par ces mêmes troubles que nous avons classés en troubles déficitaires, parasitaires, et de régulation et qui modifient, soit leur structure intime, soit leurs rapports avec les éléments idéiques et affectifs du complexe.

I. Nous n'avons pas l'intention de donner à l’analyse de ces imperfections le même développement qu’à celle des troubles affectifs. La dégradation des édifices psycho-moteurs se fait suivant les mêmes modalités, leur donnant un aspect de dépouillement, de puérilisme ou d’inachèvement. Nous allons cependant nous arrêter sur un fait qui se rapproche d’une observation de BLEULER, et nous semble un bel exemple de trouble déficitaire.

Ba., nous met un jour en présence d’une mimique incomplètement élaborée. « La mimique se montre souvent fragmentaire, dissociée. Un sentiment différent peut être exprimé

Yi qe

par chaque partie du visage ». Notre sujet ne réalise pas une combinaison aussi étonnante, mais exprime la joie par son hémiface gauche, tandis que la droite demeure absolument

muette.

. Le 31 août 1937, Ba... sort du coma à 15 h. 30. Son visage est d'habitude totalement inexpressif, et ne dénonce nulle pensée comme nul sentiment. Or, après un réveil calme, son visage s’éclaire. Ou, plus précisément, la moitié deson visage, car, à approche du

n . . . ’ D ®. , médecin, il sourit de son hémiface gauche, tandis que l’autre demeure figée dans sa stupidité habituelle.

Ce fait remarquable attire d'autant plus notre attention qu'il prend l'allure d’un trouble neurologique et pose le diagnostic de paralysie faciale. Nous l’écartons en vertu des considérations suivantes :

1) Ce malade n’a jamais présenté de mamñfestation paralytique consécutive au coma, ni montré de prédisposition pour de tels troubles.

2) Il avait quitté franchement la période aiguë du coma où se réalise habituellement cette sorte de troubles, et se trouvait manifestement délivré de l'influence toæique de l’insuline.

3) Il ne pouvait s’agir davantage d’un état séquelle, car la recherche des signes neurologiques est restée vaine. Pas de signe de Cawosrek, pas de Ch. Bezz. Réaction vive à la piqüre. Pas de déviation de la langue. Parole et mastication normales. Le malade exécute avec docilité tous les mouvements qu'on lui demande.

Bref, cette smgulière assymétrie ne frappe que la mimique. De plus, elle est intermittente, à éclipses. Nous l’observons pour la dernière fois le lendemain dans la matinée. Sur l’ensemble de ces considérations, nous nous autorisons à conclure à un trouble d'ordre psychomoteur, à l’incomplète élaboration d’une combinaison mimique, c’est-à-dire à un déficit des associations normales. Comment comprendre autrement

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